Landrose « Landrose » (H Y P E R J U N G L E Recordings, 18 novembre 2022).

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Batteur du groupe bruxellois CERE et roadie de La Jungle, David Temprano sort sous le nom de Landrose et sur le label des deux acolytes du projet belge « technoise » son premier effort solo. Basé sur l’alliage de samples et de son drumming, l’opus diffère sensiblement de ce que nous pouvons usuellement entendre. Il m’a quasi fait fuir, je n’en voyais pas le sens mais j’y reviens pourtant, chopé par ses rafales turbulentes et déraisonnables. C’est donc cette même différence, exigeante, qui m’y replonge. The pool instaure, pour illustrer ça, voix de brume et trame de vapeur, avant que les tambours ne cognent dans des syncopes nourries. Bon, ça ne se classe pas. Surtout pas. C’est en tentant de ranger Landrose, justement, qu’on court le risque de le perdre. Fired up, de motifs folichons en batterie catapulte, attire lui aussi par ses penchants fonceurs, mais breake soudainement. Il replace, ensuite, un tumulte dont s’extirpent quelques notes rêveuses. On penserait presque, pour l’impact mais dans un registre autre, à La Jungle justement. Lagrima, aux voix samplées que je n’aime pas trop car trop « clubisantes », joue pourtant une électro vive dont l’issue est loin de sombrer.

Plus loin Bras jambe, puissant, s’attaque à un autre registre. Indus, un peu. Spatial aussi, mais de manière plombée. Landrose ose, rarement se pose. A bien l’écouter, on pourrait l’aimer. Après assimilation, on se prendrait de passion. Ou ce serait la fuite car le frappeur, vraiment, part loin en ayant le mérite, considérable, de façonner son propre répertoire. Directions y contribue, athlétique, saupoudré de samples en poudre de ciel. De sons presque clairs, mais pas trop non plus. Overbone opte pour la saccade, la ruade, en convaincant car de plus en plus, la patte Landrose s’imprime. J’en étais à décrocher, je me suis accroché. Overbone brise son rythme, on se rend alors compte que le panel offert, en termes d’ambiances, est étendu. Askip, en à peine plus d’une minute, entrechoque ses sons. Presque drone.

Après ça Avatar, futs en rut, percute. A Landrose je ne trouverai pas de nom, de style précis ou déjà recensé. Retenons donc son approche, déjà notable. Son trop peu de voix -j’ergote encore-, parce qu’à mon sens un chant plus fréquent l’aurait avantagé. Ca ne l’empêche pas, toutefois, de se démarquer. La Barca Vikinga, incluant…du chant, merci Landrose, délivrant pour boucler la boucle une sorte de dance céleste mais rythmée, d’un bel effet, qui a aussi pour conséquence de retendre le piège. Landrose, en dépit d’atours éprouvants ou plutôt astreignants, affichant ici une propension affirmée au reviens-y, matérialisée par un « debut album » de bon augure quant à la suite des réjouissances.