Vénus d’Argent « La Naissance » (EP.Autoproduit, 2 décembre 2022).

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Vénus d’Argent, c’est Air dans le climat. Parfois. C’est, aussi, rock de front. Ca peut virer psyché, voire prog. La Naissance, EP du projet, recoupe tout ça et d’emblée L’éveil, au son d’une trame prog dotée de voix narratives, éveille, justement, l’attention. Il est bref, après lui La poursuite débute à la Godin/Dunckel pour ensuite filer sur un tapis rock aussi sulfureux que perché là-haut, quasi kraut dans la cadence. Ses guitares s’aiguisent, nous voilà face à une réussite assez bluffante. On entend des cuivres, la basse charpente le bazar de manière obsédante. Vénus excelle. Le terme du titre retombe, puis L’accident pose ses pulsions rythmiques, son déroulé cool et prog’ à la fois, doté de guitares à nouveau jouissives. Il y a du Limiñanas dans le chant, des motifs qui hissent l’effort très haut. De belles notes également, ainsi qu’une certaine propension à louvoyer entre les genres.

Quelques envolées plus loin, La violence pulse et, en ruades énervées, griffe en réinstaurant, constant, ce chant racontant. Expressif, aussi, quand il hausse le ton. La composition, de ses riffs incisifs, de ses volutes dopantes, convainc à son tour. Dans le frontal, troussée avec adresse. Je suis Vénus, d’Argent, de par mes déhanchements. La terminaison, ici, est sans complaisance. Je comprends bien mieux, dès lors, les penchant avoués de Vénus d’Argent pour le rock’n’roll. Pourtant Vénus, folk, aérien, s’en éloigne. Malgré ça, il séduit. C’est dans son refus de se redire que Vénus d’Argent touche au but. La voix, encore, décrit et s’illustre. On a droit, et ma foi, ça se prend, à des sons spatiaux.

Tout est bien joué, bien écrit, bien démarqué. Vénus offre une fin enlevée, progressive mais dans le nerf, qui achève de crédibiliser l’EP. Ca Floyde un peu, mais sans jamais jurer et tout en conservant, perceptible, une identité affirmée. J’écoute fort car ainsi, ça ressort. La Naissance se passe bien, merci. Vénus d’Argent accouche d’un rendu sans creux ni ennui, qui prend fin sur une Outro paisible. Mais, quand même, belle à entendre. Et bienfaisante pour l’âme, bien que trop brève. Ceci après une série de morceaux, et de soubresauts, qui valent très largement le tour et le détour.