Mauskovic Dance Band « Bukaroo Bank » (Les Disques Bongo Joe, 28 octobre 2022).

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J’ai déjà ces bataves disco-dub teinté de post-punk, en septembre 2018, à la Lune des Pirates. Je les retrouve sur leur Bukaroo Bank funky, cuivré, foufou et génial. Ca basse sévère, rondement. Ca groove tribal, les voix déroutent et le bazar dube jusqu’à plus soif, se parant tantôt de sons voyageurs (
Wie niet weg is is gezien). Le titre éponyme, en pôle position, ondule et se dérange. Un brin de Talking Heads, voire plus. Une grosse louche de créativité, des cuivres follichons. L’album séduit vite, en plus de prendre la sortie direction l’innovation. Face m’évoque le dub d’un Killing Joke early period, !!! (Chk Chk Chk) aussi pour les élans funk dansants. Les rythmes fusent, Parata Est fait son psych-dub et enfume l’opus, déjà crédible. On imagine sans forcer, en live, la portée des morceaux. Zwaar funke, sa basse suscite une série de déhanchements et ses sons flirtent avec l’absence de règles. On prend, encore, volontiers. On ne s’en sort pas, un peu trop ensorcelé. Bebi se floute, visite le ciel, prend des airs no-wave. Lui aussi, à l’issue, s’incruste en nous. Il est bon, vous l’aurez deviné, de s’irriguer à la source Mauskovic. People In The Hall, dub -tiens donc!-, le prouve.

D’Amsterdam mais Jamaïcain dans ses textures, personnel, le quintette va me contraindre à m’offrir, sans atermoiement, sa divine production. Dr Rhythm Space, lent et répété, m’y propulsera dans d’autres sphères alors que Telefoon dub, pas moins addictif, fera vriller ses notes. A chaque étape, guette le trip. C’est ainsi que Samen, sur la fin du chemin, chope lui aussi l’oreille. Acidulé, louvoyant, il complète merveilleusement le tableau. Chris Bruining, Donald Mauskovic, Mano Mauskovic, Marnix Mauskovic et Nico Mauskovic, dont l’ouvrage point chez Les Disques Bongo Joe (bon point en plus), affirment ici une identité à l’écart de toute référence connue. Bukaroo Bank – Slow Version apporte une variante à la composition initiale, il fait mouche de la même manière que l’entièreté du disque. Enfin Slow crack, d’un reggae en spirales entêtantes, s’en vient peinardement finir le job et, aussi flemmard que soutenu, spatial également, pousser l’auditeur que je suis, et que je vous incite à devenir, à des écoutes nombreuses aux nombreuses conséquences porteuses.