Kabuki Dream « Abstract » (Veidt Records, 7 octobre 2022).

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Duo italien, Kabuki Dream unit Jacopo Gabanini et Francesco Bartoli, qui n’en sont pas à leur coup d’essai. C’est toutefois avec ce disque que je les dégote: j’y entends une électro visuelle, rarement chantée et ça je n’aime que très peu, mais dont les climats se valent. Rêveurs et célestes (Cyber-Ronin), les deux acolytes débutent fort, au son d’un Abstract éponyme aux voix floutées, qui s’agite et lâche des scories psyché. Avant que les cordes de Timeless, lancinantes, se greffent à de l’électro gentiment convulsive. Ou que Giorgio MorOrwell, le single tiré de l’opus, se mette à pulser dans la réitération. Ah non, il varie et de ce fait, s’incruste dans les trognes. S’il ne me transcende pas Abstract, si l’on insiste, attrape l’oreille. Nebula, entre cordes à nouveau en majesté, dark, et rythme lentement pénétrant, fait de même. Avant ça j’écoutais Orbel, j’y trouve plus de relief mais je dois le dire, Abstract possède ce petit quelque chose qui le rend attachant. Peut-être pas sur la durée, en ce qui me concerne, mais de manière sûre. Let Me Be Inebriated (By A False Form), cadencé et de sons fous, me donne d’ailleurs raison. Surgit, pour ma joie, un chant trafiqué. Mais chantez donc, chers Kabuki Dream! Je ne vous en écouterai qu’avec plus de plaisir…

Après ça Persepolis, de coups de percus épars en sonorités dans les étoiles, crée un nouveau climat susceptible de capturer. Il m’en faut un peu plus, toutefois, que cette électro somme toute assez peu variable mais dont les changements d’orientation, pourtant, font leur effet. Allez comprendre…Star Bridge, spatial, change lui aussi de ton(s). Your Coaches met de la voix, du coup je l’aime. Ca paraitra bête -à certains- mais pour moi les vocaux, même disséminés, font la différence. Il mettent de la vie, brisent le tout-instru et ainsi, forcent à l’attention. WMMW, dans la redite remuante, me la fait pourtant retomber. Lethargic Pachiderma, obscur et vaporeux, me plait lui. Beaucoup. Ses guitares prog, j’adhère. D’un titre à l’autre, j’accroche ou décroche. Verità non Verità me séduit à son tour, d’abord, avant de me lasser. De Magnetism, j’apprécie les sons et l’atmosphère. Vraiment. Il se redit, je le déplore mais simultanément, il hypnotise. Enfin Away, chanté et léger, beau et accrocheur, conclut en laissant derrière lui, sur la globalité de l’album, un ressenti mi-figue mi-raisin entre approbation, donc, et sentiment d’ennui qu’un chant plus fréquent aurait certainement atténué.