Where You Are « Where You Are » (Cranes Records, 21 octobre 2022).

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Zéro info, aucune page où dénicher la moindre petite ligne à son sujet. Voilà comment se « présente » Where You Are et damned!, il mériterait d’être bien plus en vue tant ce disque, éponyme, slowcore et giclées sonores addictives dans sa besace, mérite l’écoute. Et plus. Des débuts de Hometown, pop et noisy, jusqu’à Trilogies qui se Nirvana en conclusion, lent et mélancolique, on tombe in love de ce mix entre bruit et douceur, entre lenteur et coup de jus, parfaitement en place. Save, en début d’opus, caresse avant de se hérisser, très franchement. A chaque titre, la recette fonctionne et accroche, jusqu’à ne plus nous laisser le choix. Bedhead ou Unwound, entre autres, sont cités à son sujet mais le mieux à faire reste d’écouter, bouton de volume à droite toute, cette galette en contrepoints. Elle s’enhardit, redescend ostensiblement; Standing apart capte lui aussi les sens et boularde sans trop de ménagement, n’omettant toutefois pas la mélopée. Là aussi on breake, on retient l’élan avant de le libérer dans un geyser de décibels. C’est pop, c’est grungy, ça alterne et ça ne laissera sûrement pas indifférent. Inks Runs Out se lance gentiment, saillit un peu, prend son temps avant d’imploser suivant une montée sans hâte mais affirmée. On en arrive là à la moitié de l’opus, de fort belle tenue. Trace, qui en laissera, file alors en couplant chant avenant et rythme urgent sur fond d’instrumentation saignante.

Sur le second volet Carlson, bien plus contemplatif, se la joue slowcore. Il est beau, finaud, et finit par délivrer une incartade qui si elle se montre brève, n’en sonne pas moins grunge. Si seulement Where You Are, dont on ne sait où il se trouve, se manifestait, on en saurait davantage sur sa jolie fournée. Separate days, grinçant, laisse augurer d’un contenu furieux. Il l’est mais sans tarder, vire à l’apaisé. C’est dans ce procédé, indéniablement, que réside l’impact de Where You Are. Respond, avant le Trilogies final dont je parle plus haut, lui apporte vitesse et débridé, dans une nuance moins marquée que sur le reste de l’album. Ca ne le rend que meilleur encore. On remercie au passage Cranes Records pour la trouvaille, à prendre en compte, et la mise à disposition d’un son d’obédience 90’s, dans l’attente d’en connaître un brin plus sur ces Where You Are à la discrétion en phase avec ses thématiques usuelles, à savoir l’isolement et la solitude.