Après Vadim Vernay à la Maison de la Culture, mémorable, pour un mitan de semaine d’une insolente perfection, c’est dans la Lune que je me retrouvais ce vendredi soir, attiré par l’affiche proposée. Princess Chelsea pour ouvrir, Findlay pour clôturer, il y a pire et après avoir maudit la fermeture du pont jouxtant le quai Bélu, je garais ma tire aux pieds du centre Culturel Léo Lagrange. Bien qu’en avance, je pressais le pas et me plantais devant le guichet Lunaire, attendant avec une patience toute relative que la fringante Marie me délivre ma place. Quelques mots échangés avec Ilan, technicien des lieux, et je pénètre dans une salle à la fréquentation, ce soir, étonnamment (quoique..) féminine. Une Pelforth (je peine sans cesse, à la commande, à faire un choix un tant soit peu avéré) plus tard, Princess Chelsea « from New Zealand » se permet l’outrecuidance de séduire l’assistance, registre très Breeders (c’est un compliment, vous l’aurez compris) à la clé. Everything Is Going To Be Alright, prétend leur dernier opus. Exactly, tout se passe de la meilleure des manières. Mélodique ou plus acéré, le groupe superpose les morceaux de choix. C’est frais, c’est pop mais ça pique, ça dérape et les grattes virent noisy (The forest). J’évacue ma semaine, au son d’une clique entre sucre et citron. C’est parfait, je peux d’ores et déjà clamer que j’ai bien fait d’me pointer.


Princess Chelsea.

J’en secoue le crane de satisfaction, livré à ma passion. Le live. Je résiste, vaillant, à l’appel du second houblon. J’avais déjà vu Findlay en ma ville, l’occasion du Festiv’Art. 2016, ça date mais qu’importe, j’en étais! Arnaud, l’un de ses piliers, est d’ailleurs de la partie ce soir. J’essaye, en vain, de capter son regard. Ce petit jeu passé, Findlay et son charmant minois investissent les planches. C’est un set large, pop et rock mais diversifié, qui nous est offert. Rien à redire, ça prend des teintes soit rugueuses, soit électro, parfois Blondiesques. Les guitares rudoient, Night sweats épice le bazar comme à la parade. Nombreux, disons-le, sont les titres forts. The Last Of The 20th Century Girls, qui remonte au mois de mai, égaye notre mi-octobre. Du chant en Français, sur les excellents Retour (dans l’intitulé) et The parisienne (dans le chant), s’invite. Les claviers, présents, tissent des trames qu’on estime. Not If You Were The Last Honey On Earth nous évoquera, si tu me suis tu l’auras compris les Dandy Warhols. Findlay pleure, je n’ai pas saisi pourquoi. Fut un temps, je maitrisais l’Anglais. Ce temps est révolu. Elle est touchante, sincère. Ses collègues l’étreignent. Elle reprend le dessus, dans la foule un décalé s’essaye vainement à jouer le leader.


Findlay.

Ah si, pardonnez-moi. Trois personne le suivent, il prétendra sûrement qu’elles étaient cent. Je fais des rimes, j’ai jamais appris à écrire en dépit du souhait qu’émit une émissaire du Courrier Picard, fut un temps, à la lecture d’un article où j’égratignais un ou deux artistes estimés « ennuyeux ». Je te promets, ma chère…de recommencer! Tu peux dormir troublée, ma plume continuera à te chatouiller désagréablement et mon encre, généreuse, s’en viendra tacher ton chemisier. Bref. Chroniquer, ça ne revient pas à dire que tout est bon, à décrire sans relief, à dire du bien pour s’attirer les grâces. Findlay, lui, s’attire la nôtre. Mission accomplie, quand le courage m’envahira j’ajouterai mon ticket à ces cahiers où, avec paresse, je consigne mes souvenirs de live. Celui des deux formations citées plus haut y figurera en bonne et due place, ça va sans dire, au regard de la valeur unanimement reconnue de leurs prestations respectives.


Findlay.

Photos Will Dum.