Sydney Valette « Home Alone » (Young & Cold Records/Icy Cold Records/Wave Tension Records, 16 septembre 2022).

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S’il en est à six albums, tout de même, avec ce Home alone, c’est sur le tard que j’ai découvert Sydney Valette, hésitant jusqu’alors à le chroniquer. Je franchis aujourd’hui le pas, attiré par la diversité d’un disque aux douze titres de qualité, somewhere entre EBM, post-punk, synth-wave et je ne sais quoi d’autre. C’est Sydney Valette, surtout et avant tout. Il vient de chez nous, il débute avec son World Alone introduit par des voix off et consistant en une électro spatiale qui impose ensuite ses éparses secousses. Alors que Pandora, plus remuant, file jusqu’à (nous) séduire. Voix déviée puis criée, rythme alerte, tissages de synthés étoilés bien appuyés, ça fonctionne sans peine. Station stop, EBM qui en vaut la peine, fait de même. Ca pulse et c’est mélodique, Mistress of desire se montre aussi entrainant et, dans le chant, d’un velours presque crooner. Des motifs insistants nous gagnent, ici et ailleurs Sydney Valette se distingue et réussit dans ce qu’il entreprend.

Pour cette raison All paradise, d’abord céleste, se saccade de manière crédible. On ne s’ennuie pas, Home alone est varié et voit le jour chez Young & Cold Records où comme on le sait, le catalogue est réellement de choix. Mais aussi, et ça ne gâche vraiment rien, chez Icy Cold Records et Wave Tension Records. Adieu, électro-pop, synth-wave, groove jusqu’à plus soif. On y décèle, encore, une voix racée. Et du chant en Français, aisé. Easy. De nappes virevoltantes en passages plus bridés, son opus le confirme de A à Z. Crystal heart sème du bonheur, synthés à l’appui, sur lit de vocaux de nacre. War child, à son tour, trace et régale.


Photos Caroline Bonarde.

Le sieur Valette, s’il n’est pas venu pour enfiler les perles, collectionne toutefois les petites pépites. Citadelle, en fin de parcours, revisite des contrées moins directes, plus haut perchées. Il est un peu immuable (quoique…) mais une cover du Fall appart de Death in June, avant cela, aura d’une part rassuré sur les goûts du bonhomme et d’autre part, distillé une petite dose de mélancolie posée dans ce Home alone que pour ma part, si je l’approuve dans son entièreté, je préfère frontal et emporté. Ce n’est qu’une question de goûts qui ne m’empêche guère, lucide, d’estimer la grande valeur globale de la galette en question.