Picastro « I’ve never met a stranger » (EP.Stoned to Death Records, 7 octobre 2022).

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Venant de Toronto Picastro, et je l’ignorais, sort des disques depuis les late 90’s. Il pratique, c’est du moins ce que j’entends sur cet EP nommé I’ve never met a stranger, une lo-fi d’éclat, un peu molle du genou mais néanmoins attractive, que Hangman introduit sur des tons folk ombragés. L’alliance des voix embellit le morceau qui se déploie lentement, à la manière d’un Velvet ou d’un Mazzy Star. Gentiment souillé, étoilé, il se fait incontestablement valoir. Tell Me White Horses enchaine alors, dans cette même quiétude obscure aux vocaux associés. L’enregistrement est vrai, il sonne un peu comme si le groupe jouait à nos côtés. On relève, encore, les quelques pointes plus « hardies ». L’EP ne décolle pas, ou peu, mais s’écoute avec une certaine forme de ravissement. Pale blue eyes, minimal et un brin brumeux, diaphane, magnifie d’ailleurs le tout. Le violon de Nick Storring, à l’envi, apporte sa touche.

Man Has Been Struck Down by Hands Unseen, à la batterie qui le fait s’animer, perturbant sa tranquille avancée, m’évoque Swell. A ceci près que pour le coup, c’est le timbre de Liz Hysen, féminin, que l’on entend, délicat. Les chansons sont belles, je n’en ferai toutefois pas mon pain quotidien car elles me privent, de qualité mais globalement trop posées, de mes écarts favoris. Si bruit il y a, ici, il se veut racé bien que se parant, quand ça lui prend, de notes grinçantes. C’est le cas, et je l’approuve, sur l’amorce de Chaos Hand qui d’ailleurs s’assombrit, paré de notes répétées qui produisent un bel effet. A côté de ça, des montées retenues surviennent. Picastro prend alors congé, au terme d’une trame hypnotique dont on ne peut décemment discuter la portée.