Phat Dat « Flowers » (Another Record/Catapulte Records, 23 septembre 2022).

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PHAT DAT est une épopée nouvelle, commune à deux labels recommandables : Catapulte Records (Derya Yildirim & Grup Şimşek, Guess What, Orchestre du Montplaisant…) et Another Record (Satellite Jockey, Selen Peacock, François & the Atlas Mountains, Odessey & Oracle…). Les acolytes Luke Warmcop, Antonin Voyant (Derya Yildirim & Grup Şimşek), Bernard Céleste et Rémi Richarme (Satellite Jockey) y défrichent le format pop sous tous ses angles et ma foi, force est de reconnaitre que le rendu se tient, ce qui n’étonnera que très peu quand on connait les vertus des différents impliqués. Lançons-nous donc, l’éponyme Flowers fait scintiller une pop détendue, à la mélodie ensoleillée. De suite ça attire, ça parait poli mais diantre!, c’est un brin exotique et si bien ficelé qu’on se laisse tenter sans se défendre. Kind words, fleuri, honore à son tour le genre pop, bien loin de la lassitude qu’il peut parfois provoquer. Voilà des chansons qu’on fredonnera, sourire aux lèvres, telle The mighty sea et sa coolitude communicative. Phat Dat possède à l’évidence ce je ne sais quoi, ce petit plus dans la créativité, qui dans la constance le fait briller. Ses voix se croisent, ses sons charment. Snow dropped, d’étoffe jazzy céleste, berce et séduit.

Phat Dat, au jeu éclairé par des idées porteuses, se distingue. Ainsi The bells, plus pop-rock, plus « direct » et mordant, vient-il quand vient son tour solidifier l’ouvrage en présence, enchanteur. Des années 60 à nos jours, Phat Dat ratisse un style qui parait, sous ses mains, ne plus avoir d’âge. Holidays, estival (facile..), caresse l’auditeur, lui intime de rester en phase car Flowers grand bien lui fera. Il pique un peu, en restant -parfois trop- amical. De tous ses recoins fuse l’inventivité, sans qu’on s’y égare car à l’arrivée, le terme reste simple. Striking second first, en instrumental gentiment syncopé, dépayse et virevolte. Nightlife vision suit, étoilé, zébré de sonorités plaisantes, armé de vocaux sucrés. Autotune the world, dans sa pop à fleurs comme lu je ne sais plus où, est une pépite sans heurts. J’aimerais bien, ici, entendre du plus saignant. Ca ne viendra pas mais n’ergotons pas, ce Flowers coloré est suffisamment accompli pour qu’on lui refile toute notre attention. Hypnotized lui confère douceur et flamboyance musicale, avant qu’un Situations un tantinet plus vivace, aux notes obsédantes, lui mette fin dans un patine remarquable, fil rouge d’un disque dont on na pas fini d’explorer les moindres méandres.