Air Waves « The dance » (Fire Records, 9 septembre 2022).

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Jusqu’alors inconnu de mes services le Air Waves de Nicole Schneit, ici épaulée par du beau monde (jugez donc: Skyler Skjelset (Fleet Foxes, Beach House), Luke Temple (backing vox, arrangements supplémentaires), Brian Betancourt (Hospitality, Sam Evian), Cass McCombs (backing vox sur Alien), Rina Mushonga (backing vox), Frankie Cosmos (backing vox), Lispector (backing vox), David Christian (batterie), Ethan Sass (guitare, synthé) et Ben Florencio (batterie) sont en effet de la partie), me charme les oreilles avec The dance, où nichent neuf titres dreamy qui rêvassent, font scintiller leurs mélodies dans un bel ombrage, pour parfois s’emporter un peu. Trop peu à mon goût, d’ailleurs, mais ce n’est qu’un détail car la joliesse pop du tout fait, quasi instantanément, la différence. The Roof (feat. Luke Temple and Rina Mushonga) inaugure la collection, étoilé, dans une brise dream qui fait mouche. L’opus est bien parti, on enchaine de suite avec The Dance, éponyme, et son indolence accrocheuse. Il y a là ce je ne sais quoi dans la simplicité, dans la capacité à élaborer des trames d’un attrait certain, qui fait surnager The dance. Quelques guitares, tranquilles ou plus « aiguisées », décorent le tout.

Star Earring (feat. Lispector), discrètement électro, regorge de notes bellotes. Aérien, amicalement syncopé, il séduit lui aussi. J’attends toutefois, moi l’écorché, l’aficionado de saignées noisy, l’incartade. Que nenni!, Alien (feat. Cass McCombs) et sa draperie folk obscure, bien jouée, accentuent les penchants mélodieux de l’ensemble. Ca lui réussit, ça lui donne du cachet et rythmiquement, le morceau à le bon goût de s’enhardir. Un peu. Il n’empêche, on succombe à ses climats, à sa douceur en trompe l’oeil. Black Metal (feat. Frankie Cosmos and Merce Lemon), loin du genre nommé, plaira autant car léger, bien serti, fort d’une cadence qui insiste, il s’insinue dans nos mémoires. Le genre pop, en l’occurrence, est honoré. Sans trop en faire, Air Waves valide ses vertus et pour le coup, des cuivres embellissent son propos.

Plus loin Treehouse, pas plus charnu, s’impose avec dans ses fouilles, des atouts semblables. Le recueil est beau, de manière occasionnelle il s’affirme, appuie ses élans. Wait entête de par ses sons, sa mélancolie qui sans forcer nous imprègne. Il gagne en vivacité, sa basse le rend dansant. Que du bon, en somme, à relever sur The dance. The Light se pare du minimum pour finalement, convaincre et briller dans ses abords ombrés. On en vient à la fin, neuf plages c’est court mais toutes sont bonnes et Peer Peer, un brin trop bref, conclut sur une note lo-fi qui aurait mérité d’être creusée. Ce n’est rien, The dance mérite de toute évidence nos égards et au delà de ça, des écoutes en nombre avec à l’issue, la certitude d »un certain apaisement doublé d’une satisfaction totale.