23 and Beyond the Infinite « Lumen Del Mundo » (Dirty Beach/Stand Alone Complex, 23 mai 2022).

0
741

Italien, 23 and Beyond the Infinite déboule de Benevento avec Lumen Del Mundo, qui regroupe huit déflagrations taillées dans une couenne rock fiévreuse, ou post-punk et passages cold mais aussi surf, comme sur Horsedance, saupoudrent l’ensemble. Depuis 2012 et quelques sorties déjà notables, le trio se distingue. Ici, on est sans attendre chopé par un 23 saccadé, d’un rock ardent qui n’omet pas les mélodies. Qui fuzze aussi, et se pare de beaux atouts. La première flèche est tirée, s’ensuivront d’autres assauts du même impact. Knives, avec sa basse ronde, place du psyché dans un tir tendu autant que retenu, pour lui aussi faire mouche. On entend, avec joie, des guitares en feu. Puis Surfin’ Clogs, d’un blues-rock écorché, déboite autant qu’il se hache. S’enchainent, sur le disque, les morceaux bien troussés. Des compositions aux montées d’adrénaline incoercibles, qui font le sel de la sortie. Horsedance, cité plus haut, la consolidant en crachant un surf puissant et braillé. Du tout bon, bien joué, sans jamais en rajouter. Chemical Love Bomb, moins frontal, se penchant avant toute chose sur l’atmosphère, sulfureuse et peaufinée, avant de se faire geyser. 23 and Beyond the Infinite catapulte, se nuance avec justesse, déploie un panel large mais tenu.

Son Disappeared Smiling Sun post-punk bien remonté, ensuite, lui permet de nouveaux points. On y décèle, comme précédemment, des touches surf stylées. Venimeux, l’album conserve un niveau élevé. Garage, il sonne live et enflammera les planches. Dark sunset, subtil, bruisse ensuite dans un tonnerre sonique qu’un chant délié atténue. Fréquents sont les dérapages, il faut bien comprendre qu’avec ces gaillards-là on n’est pas non plus dans un magasin de flanelle. C’est Not to touch the earth qui en bonus, clin d’oeil aux Doors dont elle est issue, décoche l’ultime roquette. Le terme est sauvage, explosif, la reprise à estimer de par sa portée et ses abords saignants. La batterie déflore, le son est brut, l’attaque sans détours. Ca nous fait donc, au bout du bout, un Lumen Del Mundo de valeur constante, rock jusqu’à ses dernières notes, qu’il convient d’acquérir et de partager avec le plus grand nombre.