Nova Twins « Supernova » (Marshall Records, 17 juin 2022).

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Nova Twins fit sensation à son avènement, il percuta aussi en live et confirma la hype alors logiquement de mise. Avec Supernova, où se télescopent dézingages à la Skunk Anansie et électro frappée, sur fond de r’n’b qui parvient à passer la barre, la paire féminine continue à dévier. Et à persuader. Il faut dire qu’ici, ça groove et ça cogne. Ca castagne aussi, à l’aide de guitares féroces qui endiablent le tout. La recette fonctionne encore, sans souci aucun. Antagonist, aussi rythmé que dépaysant, riffe hard et tchatche grave. Il est inqualifiable, mais aussi très fiable. Et furibard. On est lancé comme il se doit, Cleopatra se pose lui aussi en tube fusion rageur, syncopé, shooté à la colère et au débit rappé. S’incrustent, acceptables, quelques incartades plus commerciales. Bien amenées, d’un apport certain, auxquelles succèdent de beaux coups de sang.

K.M.B., plus posé, ne se prive toutefois pas de placer des ruades poussées où les sons ondulent. A chaque tentative, la cible est atteinte. Amy et Georgia s’unissent au service d’une mixture hybride, remontée, que Fire & ice fait pulser entre vocaux sucrés et attaques sans ménagement, triturées. Puzzles ne se désunit pas, saccadé, fort de guitares qui rugissent. De sonorités, également, difficiles à endiguer. Nova Twins empile les réussites, comme depuis ses premières notes. A Dark Place For Somewhere Beautiful, gros pavé métal/r’n’b, en fait bien entendu partie. Osé et bien dosé, Supernova consacre les Anglaises. Toolbox groove et s’excite, s’emporte, voit ses sons exploser. Choose Your Fighter prend ensuite les commandes, au gré d’une électro tapageuse qu’une fois de plus, les guitares culbutent. Et l’auditeur avec.


Photos Federica Burelli.

Plus loin Enemy, au début déroutant, presque oriental, se fait rap dans les voix. Il se pare de refrains survoltés, devenant à l’instar du reste incontournable. On peut désormais le dire, ou plutôt le répéter; Nova Twins s’est forgé un style que l’on validera sans tergiverser. Sleep Paralysis, s’il parait moins sous tension, termine la fête sur une touche r’n’b qui, après son début, quitte ses gonds de manière éparse. Depuis les premières giclées, quoiqu’il en soit, ce Supernova a gagné ses galons par son impact, sa singularité et la qualité de ses compositions. Au carrefour des styles, inspiré et vitaminé, il ne plie jamais et laisse augurer de concerts coup de poing, comme le fut celui vu à la Lune des Pirates en mars 2020.