Tommaso Mantelli « 14 Dinosaur Songs » (Shyrec/Lesder, 29 avril 2022).

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Homme au parcours fourni, étendu, Tommaso Mantelli signe avec ce 14 Dinosaur Songs son deuxième album solo. Entre rock, pop et psychédélisme, bien entouré, il y délivre quatorze morceaux fiables. Il débute dans l’offensif, accompagné des excellents Kill Your Boyfriend, sur A Light In My Bright Eyes qui taille dans un rock ombrageux bien que mélodieux, doté de choeurs sucrés. Il enchaine avec un Piece Of Mine urgent et agité, 90’s, riffeur. Puis c’est le passage plus doucereux, où se suivent My Legacy et Rare White Bird. Du délicat pur jus, qui me fait craindre le pire même si valeureux il est. Mais Dinosaurs In Modern Time, qui m’évoque Mary My Hope, renoue avec une certaine force rock aux vocaux « sentimentaux ». Tout est bien fait, Mantelli fait parler son expérience. A Place Where No One Is Afraid, en fidélité avec son intitulé, se montre sécure, mélodique mais aussi alerte. Ses guitares griffent, son refrain fait mouche. Jars Of Tragedies nous dépose ensuite au mitan du disque de manière dépaysante, dans un trip psyché trituré.

Bon nombre de guests, issus de l’entourage de l’artiste, assurent d’ailleurs des « feat » remarqués. On repart dans la fine note, après ça, au gré de Good Old Boys. Pop, folk, il est aussi volubile. Et concluant. Au fur et à mesure, il s’enhardit. On aime. What If I Say déroule un rock délié, de classe. Zéro faute, zéro défauts. 14 Dinosaur Songs, de bout en bout, persuade. Recurring Dream le fait retomber, en termes d’intensité, sans l’écorner. Tommaso Mantelli featuring The Shiny BootsBig Shiver lui refile de la mélopée stylée, un brin country, rythmée, du plus bel effet. Fighting With You Tonight s’élague, subtil, pour s’enfiévrer dans la mélodie. One Life A Day est lui climatique, cordé. J’aime moins, mais ça reste bien. Enfin Tommaso Mantelli featuring L’Impero Della LuceControfase, dans un premier temps bridé, obscur, termine sur une touche électro vrillée, dérangée, qui complète le panel avec efficience. Tommaso Mantelli, à l’arrivée, se fendant d’un album notable, généreux et diversifié, d’une belle cuvée tirée de la maison Shyrec.