Mario.D « Mémoire » (EP.Tête Froide records, 26 mai 2022).

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Le mec a ouvert pour Crack Cloud ce mois-ci, magnifiquement. Il fait tout…magnifiquement. Il mène plusieurs projets de front…magnifiquement. Mémoire est sa quatrième sortie, sauf erreur de ma part, sous étendard Mario.D. Cold pop, loopé mais pas loupée. Elle sort, dans la magnificence, sur Tête Froide records où le copain du Sacre s’est lui aussi récemment illustré. Tout ce beau monde crèche à Amiens, ville magnifique car riches de groupes pauvres. Et valeureux. T’façon, les deux vont souvent ensemble car quand t’es riche, tu fais n’importe quoi. Rioma, lui, s’appuie plutôt sur sa richesse…intérieure, ses idées fructueuses, pour nous torcher une synth-pop captivante, désillusionnée au point qu’à la fin, elle enthousiasme tout l’monde. L’escalier, de gimmmicks qui obsèdent en rythme guilleret, impose d’abord sa pente douce. J’adore ses textes, son désenchantement.

Trempée à l’encre de l’existence, la plume de Mario. D trace de belles courbes. Magnifiquement. Ses refrains, criés, ses guitares, acidulées, t’obligent à te désarticuler. Comme ton quotidien, comme le sien aussi. Je remonte sur mon nuage, plus sécure. Céleste, orné à l’image du reste avec pas mal de bon goût. Et, ce qui ne gâche rien, immédiatement accroché à nos sens. Tiens, Mario pose devant les Coursives, amoncellement de cages à gens situé à proximité immédiate de mes Astelles où socialement, j’accompagne le précaire désireux de s’insérer. T’aurais pu m’le dire mec, on serait allés manger, à Amiens Avenir Jeunes où c’est bon et pas cher. Je m’égare, bordel même la pochette m’inspire. Les guitares s’intensifient, au bout de deux morceaux j’adhère. Magnifiquement. Demain je bosse mais ce soir, j’écoute Mario.D.

Alors après trois (de morceaux), imagine. Je vois la musique en couleur, le chant me rappelle Charles de Goal. Voix mécanique, défaitiste, fédératrice. Grattes à la Jessica 93, enfin il me semble. Comme une arme. Fatale, la troisième d’une fringante série de six. On est mieux sur le sol, n’empêche. Vautré, dans le son. Froid. Dans les volutes. De sons volants, virevoltants. De son nuage, Mario.D a chu. Sur terre ou dans les cieux, quoiqu’il en soit, il réussit tout ce qu’il entreprend. Comme quoi l’allégorie, la grisaille, les jours à l’horizon flou, ça peut devenir une source. Intarissable, d’inspiration. Ca peut donner un Penser à penser sur lequel on s’oublie, électro, filant, étoilé. Des mots, à nouveau, géniaux. Giclée de guitares, magistrales, pour ponctuer le désarroi. C’est La fin, on retombe. Non pas du nuage, mais en intensité. Et pourtant. Le propos reste beau, serein avant de s’emporter, se vriller, se souiller. Magnifiquement. Après ses compils inaugurales, après Le Sacre donc -va falloir aussi, ce gonze-là, que je parle un peu de ses mérites-, Tête Froide records édite une nouvelle galette à s’envoyer par palettes, grise et grisante, paraphée par un gars modeste et talentueux. Magnifiquement.