Barzin « Voyeurs in the dark » (Monotreme Records, 22 avril 2022).

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Issu de Toronto, Barzin en est déjà à quelques albums. Il joue sur ce Voyeurs in the dark, à la pop légère, une série de morceaux à la quiétude parfois communicative, qui peut aussi lasser. Voyeurs in the Dark, le titre éponyme donc, en donne un fidèle aperçu en tanguant amicalement, sans trop d’animosité. C’est peut-être là, en dépit de la qualité des morceaux, que le bât blesse. Serti avec goût et mesure, le disque décolle peu ou prou. Knife in the Water ne dépare pas, mélodique, sage et enveloppant. Il y a dans l’album une mélancolie en feutrine qui en fait le charme, on aimerait toutefois que son étoffe parfois se râpe. Watching fait dans la joliesse, virevolte un peu, se montre plaisant. Sa voix est fine, il se dote d’un léger ombrage. L’ornement, encore une fois, se limite au minimum. Les compositions se suivent sans démériter, certes, mais pourraient s’encanailler; ça leur donnerait du relief. Golden Stairs en est loin, il flirte avec la dream-pop et se montre trop bref pour marquer l’auditeur. Dans ses notes I Don’t Want to Sober Up, de même teneur, s’inscrit dans la lignée soft privilégiée par Barzin.

Passé sa moitié, la galette offre un It’s Never Too Late to Lose Your Life rêveur et céleste, qui s’agite à la manière d’un Radiohead quand il fait remuer son électro. Barzin est alors plus enlevé; on sentirait presque, même, l’orage poindre derrière l’instrumentation. Il prend des airs jazz, cuivrés, de belle facture. Je me prends alors à espérer, exigeant, une fin d’album débridée. Forever Arriving m’en prive, il dépasse à peine la minute et se refuse à s’extraire d’un déroulé post-rock posé. To Be Missed in the End est ensuite plus vif, demeure songeur mais se veut plus appuyé. Trop timoré pour moi, Barzin me frustre un peu. Ses décors sont de choix, je n’en disconviens pas, mais Voyeurs in the dark est selon moi trop « figé ». Distant Memories, qui le termine, propose rythme épars mais marqué, fond grisé et notes claires. Je m’ennuie un peu, j’attendais de la hardiesse mais celle-ci ne réside sûrement pas dans les recoins de l’oeuvre en présence.