DUBIOZA KOLEKTIV « #fakenews » (Zn Productions/Baco Distribution, 15 avril 2022).

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Avec leur Happy machine survolté, en 2016, les Bosniens de Dubioza Kolektiv m’avaient mis une belle mornifle « melting-potisante », qui fait qu’à réception de ce #fakenews où le Français a plus que sa place, ma première réaction fut de le claquer dans ma platine en montant le volume. Je me doutais bien que ses neuf missiles, d’une fusion qui ratisse large et passe un peu par tous les états, allait à nouveau me faire chavirer. Pas le temps de tergiverser de toute façon, Cross the Line feat. Manu Chao (et puais…) largue des grattes incendiaires et un groove électro-rock bien sauvage, à te faire se trémousser n’importe quelle foule la plus fournie qui soit. Ca promet pour le live, ça breake dub et des voix d’ailleurs se placent. Manu Chao chante dans son registre le plus correct à mon sens, évitant de faire son latino à la coolitude exaspérante (notez toutefois bien que pour tout ce qu’il a pu faire avec la Mano Negra, j’adore le bonhomme). Space Song feat. Earl Sixteen, d’un reggae-dub à dos de cheval, nous ressert une chope de fusion à boire jusqu’à plus soif. Trop bon, et cuivré maison! Le French est à nouveau à l’honneur quand arrive Minimal feat. Soviet Suprem. Electro à cuivres, festive et endiablée. Que dire si ce n’est que pour ne pas aimer, il faut être sacrément fermé. Le refrain emmène tout l’monde, si tu es en marge alors pour toi, nous ne pouvons plus rien.

#fakenews fleure bon, en outre, les saveurs du pays de Molière. Il chante dans sa langue, plus souvent qu’à son tour. Hoy Marijuana feat. Los de Abajo hispanise le bazar, complètement pommé entre les différentes ethnies. Et encore meilleur, de ce fait. Sons barjots, styles imbriqués et exotisme basé à l’Est font le reste, Take My Job Away feat. Robby Megabyte trafique ses voix et très vite, riffe prestement, avec une ardeur tarée. Il marie rock, électro, flirte avec le métal, lâche la laisse de ses cuivres. Dubioza Kolektiv frappe fort, s’il ne joue que neuf titres aucun n’est à négliger. C’est même tout l’inverse. Don’t Stop fait le ska, sautille allègrement. On y entend, aussi, du rap dans les vocaux. Ca enthousiasme, j’aimerais voir ce clan sur les planches car il possède tout les prérequis, à l’évidence, pour embraser la place. French Song nous refile une leçon, gratuite et amusante, de Français parce que quand même, beaucoup il nous aime. Et on adore. Dumb torpille le reggae, se fait ragga, m’évoque l’énergie d’un Asian Dub Foundation. C’est une roquette, tirée par une clique Balkanique en pleine effervescence. Salve de cuivres, encore, pétaradante à souhait.

Impossible de s’y opposer, ça serait d’ailleurs une drôle d’idée. Dubioza Kolektiv, de plus, dénonce et milite. Wil Wild East, son ultime targette sans ménagement ni hésitation, brasse électro agitée, chants tchatcheurs et cadence en ligne droite. Il se pare de sonorités déroutantes, fait des détours aux quatre coins du globe et se charge de terminer #fakenews avec un brio de cinglé. Contaminé, j’aborde mon week-end dans la joie et la bonne humeur, dans la contestation aussi, dans la foulée d’un skeud déjà auditionné à plus de 10 reprises depuis que l’infaillible poste de nos contrées l’a acheminé jusqu’à ma boite à lettres.