Léondi « Mea Culpa » (Autoproduit, 15 avril 2022).

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Groupe Cussetois, ainsi nommé en pied de nez au « On dit » qui répandent rumeurs et critiques comme on s’enquille une Goudale, Léondi fait depuis 2008, tout de même, dans un rock français sans réelles surprises. Pour ce Mea culpa, le mix a été confié à Bruno Preynat (Mickey 3D, Parabellum aussi). L’album est qualifié de « plus rock » que les précédentes parutions, il l’est certes mais j’y entends, amères à mes oreilles, une succession de morceaux un brin prévisibles. Le créneau n’autorise guère l’originalité, certes. L’énergie est toutefois très présente, les guitares tirent des flèches aiguisées et le rythme est régulièrement poussé. Dans le créneau concerné, Léondi tiendra sa place. Mais il ne me surprend pas. Ma peau, en ouverture n’est pourtant pas mauvais, à l’image de l’ensemble. Mais il laisse ce sentiment, légèrement gâcheur, de maintes et maintes fois entendu. Il percute toutefois, dans cette veine pop-rock Léondi ne démérite pas. Pile ou face place des textes plutôt bien écrits, ça restera d’ailleurs une constante ici. Le titre éponyme riffe sec, il est franc du collier mais demeure attendu.

In fine amène un côté pop, plus léger. Silence en souffrance convoque, derechef, des guitares bourrues. Si Léondi devait me persuader, ça serait de par sa vigueur. Mais c’est trop peu. Trop peu pour moi, plus précisément. Bien d’autres y trouveront leur compte, de mon côté je suis en quête d’une singularité plus poussée que Mea culpa omet. Se suivent, rock oui, frontaux oui encore, les compositions sans défauts criards mais également stériles. Horizon, mélodique, en atteste. Jeux nocturnes gronde, il m’arrive de penser à Luke ou autres Deportivo, ce qui prouve bien que l’opus ne déraille pas. Mais il me laisse froid ou tout au moins, ne me convainc pas. Guitares lourdes, derechef, sur Apparences. Je ne retiendrai que ça, là où d’autres prendront tout, ainsi que quelques mots méritant l’écoute. Une certaine unité aussi, qui trompe l’identité manquante. Clair-obscur, loin des frères Demarthe, ne dévie pas d’un cap bien tenu, je n’en disconviens pas. Larmes sèches termine sur une note globalement apaisée, dont ressort le verbe, un Mea culpa qui chez moi ne fera pas loi, pour les raisons décrites plus haut.