Superchunk « Wild loneliness » (Merge Records/Modulor, 25 février 2022).

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Un nouveau Superchunk?? Fais péter Dédé, j’en veux et plutôt deux fois qu’une! Depuis le début des 90’s, en effet, le clan de Mac McCaughan (guitar, vocals), Jim Wilbur (guitar, backing vocals), Jon Wurster (drums, backing vocals) et Laura Ballance (bass, backing vocals) m’abreuve de sa pop-rock sous haut voltage, trépidante, qu’ici il se plait à modérer et ce, pour un rendu au dessus de tout soupçon, comme tout un chacun pouvait légitimement l’escompter. Si City of the Dead, doté des bien belles cordes d’ Owen Pallett, souffle une pop animée mais globalement paisible, élégante, on hausse le ton après ce début de choix, mélodiquement merveilleux ou merveilleusement mélodique, c’est selon. Endless Summer pétarade dans la beauté, vif et troussé « maison ». Enregistré de manière séparée, chacun se trouvant « at home » au vu des conditions sanitaires, Wild loneliness resplendit. Norman Blake & Raymond McGinley, de Teenage Fan Club, prêtent ici leur voix. Plus loin c’est une troisième perlette intitulée On the Floor qui rutile allègrement. Mike Mills, de REM, est de la partie et ça s’entend, vocalement parlant. Les gueSts sont pour le coup en nombre, l’étayage en tire largement profit. Superchunk séduit autant qu’il peut se raidir, faire dans la rudesse. Un peu moins qu’à l’habitude certes, mais avec une mainmise récurrente.

Highly Suspect, pop-folk/rock traceuse et nerveusement mélodieuse à laquelle Kelly Pratt prête ses « horns », en atteste brillamment. Plus loin Set It Aside, finaud, est lui moins appuyé mais tout aussi abouti. Superchunk, plus de trente ans après ses premiers pas, poursuit sa route avec une p+++++ d’assurance. This Night, sur lequel Owen Pallett revient et Tracyanne Campbell gère le chant, l’emmène sur une pop jubilatoire. Aux traits rock évidemment, qui de fait sèment de la réjouissance et font valoir de belles parties cuivrées. Wild Loneliness, ensuite, use un peu de la même came, pop bien mise mais énergique, qui sied à merveille au quatuor de Chapel Hill. Andy Stack y joue du saxophone, remarquable. Ca donne du cachet à la chanson en question, qui n’en manquait pourtant pas. On en vient après cela à Refracting, assaut rock plus rugissant. Il pétarade de partout, nous catapulte de manière directe vers les efforts les plus hérissés de Superchunk.

Du tout bon, plus que bon même, qui entérine la portée d’un album persuasif. Il ne s’agit toutefois pas de stopper là, en si bon chemin. Il nous reste deux plages à s’envoyer et Connection, à l’étoffe poppy charmeuse mais alerte, aux choeurs enjôleurs, scintille magiquement. Wild loneliness aspire à la joie, à la liberté, et dégage une chatoyance musicale qui impose un constat, clair et sans appel; Superchunk ne vieillit pas, ou si peu, sur le plan sonore et en termes d’impact. A l’heure d’en finir c’est If You’re Not Dark, qui bénéficie de l’apport d’une certaine Sharon Van Etten à la voix, qui impulse un rock joliet autant que bourru, à l’éclat pop. La galette sort chez Merge Records, on espère la vendre par palettes et au vu de ses vertus, ça ne serait que pure logique.