Reptaliens « Multiverse » (Captured Tracks/Modulor, 21 janvier 2022).

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Pour son troisième album, ce Multiverse assez directement accrocheur, le Reptaliens de Cole et Bambi Browning remet les guitares à l’honneur. C’est suite à l’écoute du Been caught stealing de Jane’s Addiction, pépite 90’s s’il en est, que l’album a été conçu et la surprise est bonne puisqu’on y trouve dix morceaux mélodiques mais entrainants, le scintillant I feel fine en tête de gondole. Chant léger, rythme plutôt vif, étayage épicé font le charme, immédiat, de l’entrée en matière. Like A Dog l’imite ensuite, délié. Pop à guitares, à guitares modérées, pour l’heure, la paire et ses acolytes enfantent un opus cohérent. La basse amène du groove, on reste de manière délibérée dans des sphères avenantes quand bien même les guitares, occasionnellement, se mettent à vriller un peu, sans trop dérailler. In Your Backyard décline à son tour, avec autant de brio et dans la rugosité sonore, la sève poppy de l’ensemble.

Reptaliens assure, dans la constance, notre bonheur auditif. C’est chez Captured Tracks que sort le disque, avec Take It il persévère dans ses tons faussement et trompeusement polis, ondulants, qui lui vont bien. Don’t Wait For Me file, ombrageux et lumineux à la fois. Multiverse se déroule sans la moindre anicroche, de temps à autre cold, souvent pop de manière étoilée. Passé sa moitié Do You Know You Are Sleeping?, retenu, pose une banderille plus climatique qui s’acidule gentiment. Puis Go Away, dont on ne suivra pas l’injonction, fait valoir son entrain, auquel on succombe et que l’on valide instantanément.

Plus loin Someone I Know, fidèle à la ligne de conduite qui ici prévaut, s’inscrit dans la continuité -sonore, qualitative également- de Multiverse. Ce dernier, en plus d’être agréable, incite souvent à se trémousser et marque par son chant amical, ses pointes hérissées et l’impact de ses ritournelles. Ca s’écoute comme on boit de l’eau après le sport, à savoir avidement et à grandes lampées. La pop de Reptaliens est espiègle, cordiale aussi, pourrait dévier plus ouvertement encore mais sans le faire, touche au but sans forcer. A l’heure d’en finir Jump, dernier effort céleste, séduit suivant les mêmes ingrédients, livrant néanmoins une embardée écorchée. Reptaliens s’en sort avec les honneurs, évidement, au bout d’un nouveau LP troussé avec soin et dextérité.