Arnaud Rebotini « New territory » (EP.Veyl Records, 10 décembre 2021).

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Ah yeah, Arnaud Rebotini nous ressort du sound! Un EP nommé New territory, édité par le label Veyl Records, basé en Italie. Six titres marqués par son électro froide et rythmée, amorcés par No More Love (No More Hate) et ses bruits aux portes de l’indus avant que l’organe croonerisant d’Arnaud ne vienne enraciner le tout. Un début « à la lui-même », sombre, alerte, que des boucles obsédantes embarquent vers l’excellence. On est ici en terrain connu mais déviant, celui où le bonhomme s’exprime de la manière la plus accomplie possible. Dans l’underground, dans le tunnel, dans l’espace où fusent ses sons maison. Special A, tout aussi vivace et souterrain, « clubesque » même, lance une deuxième salve entre contours cold et notes plus lumineuses, éparses. Rebotini tient le cap, comme à l’habitude. Son électro n’est pas de trop, à l’inverse elle réhausse la valeur de notre scène, dont on notera qu’elle est par ailleurs fiable et riche. Le gominé de classe a aussi sorti, on s’y égare parfois, le plus que bon Outlaw chez Mosaique Records, niché de son côté en Estonie.


Photos Jacob Khrist.

Mais revenons à l’EP en présence; A noise rose l’enfonce dans des tons nuptiaux qui grésillent, instrumentaux, fonceurs, sans trop de couleur. Le titre éponyme est plus mesuré, j’entends par là moins direct, mais s’habille lui aussi de sons bruts et imaginatifs. Surgit le chant, comme à l’habitude typé. Ca breake, je crois entendre des relents du Depeche Mode première période. Peut-être l’écoute de leur Construction time again à forte dose, hier soir m’a t-elle influencé. Toujours est-il que New territory se visite avec grand plaisir, digne de son créateur. Italian sex drive, un brin répétitif, éclaircit quelque peu l’horizon. J’avoue une préférence, nette, pour le Rebotini chanté. The Eastern Pale Christ, dernier des six morceaux livrés, ne comble donc pas mon désir de vocaux mais son climat, aussi céleste que « nuité », jonché de sons à nouveau plaisants, permet une fin concluante. C’est une constante chez Arnaud Rebotini, cette qualité dans la prolifération de sorties que New territory, donc, crédite à l’aide de six compositions sans failles criardes.