Il s’en passe des choses, avec le Balbibus et son Balbi Raya Club! Souvent cuivrés, festifs et concluants, leurs lives infusent du smile sur toutes les lèvres, génèrent des soirées dansantes que l’on garde en tête, « skankante », je dirai, pour celle décrite ici, mais pas seulement. En effet, si les Suisses de Cosmic Shuffling trônaient en tête d’affiche, les locaux de Poésie Zéro, sans poésie aucune d’ailleurs, ouvrirent au son d’un punk-rock émaillé de « blagues » tout aussi punk, joué à toute berzingue, énergique et sans détours. Les gaillards, pour la plupart, se sont fait les dents dans d’autres combos du même genre; ils savent faire, le punk-rock est leur terrain et le délire, leur fer de lance. Au beau milieu de morceaux qui jutent sévère, on recevra même de la farine sur le coin de la gueule, histoire d’ajouter à l’ambiance bon enfant du live en cours. Pour qui aime le créneau, Poésie Zéro fait son effet. Son public, lui aussi, fait le con et tire profit d’un set rentre-dedans. Mission accomplie, peut-on dire, pour le quatuor amienois dont le son affuté, à mon arrivée, me fit comprendre que le samedi soir avait d’ores et déjà pris son envol.


Poésie Zéro.

A l’issue une initiative louable, consistant à associer pour quelques morceaux communs les élèves du conservatoire et Cosmic Shuffling, offrit à l’assistance un temps inédit. Un détour chez un ami proche du Mic-Mac me le fit presque rater, j’arrivai donc dans une foule compacte constituée de familles aux anges. C’est beau à voir, les minots sont doués et jouer avec ces Helvètes-là, ça vaut son pesant de souvenirs. Ca se termine à peine que la clique de Genève prend place, prête à faire suer le parterre d’adhérents massé devant lui. Ca ne tarde pas, les bonshommes s’y entendent pour enjailler leur monde à base d’effluves jamaïcaines typées 60’s, où les cuivres tiennent une place prépondérante. L’ensemble est racé: avec le leader de Last Night We Killed Pineapple, Mario, présent lui aussi, on dresse d’ailleurs un constat similaire: bien que n’appartenant pas à la caste musical du soir, nous passons un bon moment, qualité musicale oblige. Et puis il existe, dans ce répertoire, des airs de Balkans qui eux aussi font voyager. Je croise aussi Vince, de l’ASCA de Beauvais, venu en fan. Bien vite, ça danse de partout. C’est une coutume, au Mic-Mac, d’instaurer une ambiance fédératrice, permise par le brio des groupes invités.


Cosmic Shuffling.

On n’en dotait guère, je n’en disconviens pas. Mais il est bon de le vérifier sur pièces. Cosmic Shuffling, visiblement, possède cette capacité à embarquer son public, à endiabler son répertoire. Il s’adonnera d’ailleurs à une fin de set débridée, enflammée, en guise de salve finale. On prend bonne note, une fois de plus, de la portée d’un événement made in Balbibus abouti, dans l’attente de la prochaine régalade à base de cuivres chaleureux. Je n’ai plus qu’à filer, satisfait, fort d’une nouvelle trouvaille à adjoindre à mon carnet de route, dans un lieu voisin où m’attendant Thee Verduns, histoire de parfaire un samedi soir couronné par des lives signifiants. Le tout dans ce Mic Mac devenu, désormais, une lieu de rendez-vous incontournable pour qui apprécie les sets de qualité optimale.


Cosmic Shuffling.

Photos Will Dum.