Adieu Perroquet, précieux pour le giron artistique local et des environs, nous fait le plaisir de répondre à quelques questions sur sa genèse et ses activités passées et à venir…

1) Adieu Perroquet c’est qui, c’est quoi ? Quelles sont les compétences requises pour intégrer le collectif et pourquoi, d’ailleurs, ce joli nom d’Adieu Perroquet ? J’y vois, pour la part, le symbole d’un refus de la répétition, une fuite du prévisible et du “toujours pareil”…

Adieu Perroquet, c’est un collectif créé à la base par cinq copains-copines vidéastes et musicien.ne.s, avec l’envie et le projet en commun de réaliser des captations live d’artistes d’Amiens et alentours, dans des lieux qui sortent de l’environnement que l’on connaît de la scène. Il n’y a pas nécessairement de compétences requises pour intégrer le collectif. Un réel intérêt pour la musique est tout de même apprécié, et la motivation de s’investir, quel que soit son niveau de connaissance et de techniques audiovisuelles.

Pour le choix du nom, il nous a fallu un long moment avant de tomber d’accord. « Adieu Perroquet » nous est un peu tombé sur le coin du nez. Il y a comme une certaine mélancolie, le choix d’ouvrir la cage du perroquet pour lui rendre sa liberté et de lui dire au revoir à tout jamais, ou encore le choix de le flinguer parce qu’il nous pompe l’air à jaqueter tout le temps. On aimerait bien entendre la musique ! Mais on aime bien les animaux, alors la première option est tout de même plus acceptable.

2) Où se situe votre champ d’action, géographiquement parlant, et qui concerne t-il ?

On est ouvert.e.s à une grande sphère géographique, mais il est vrai qu’on vise Amiens et ses alentours pour le moment. Ça fait maintenant plusieurs années qu’on habite tout.e.s dans cette ville, je pense qu’on y est devenu.e très attaché.e.s. C’est un peu comme notre cocon, et on a envie d’y investir des lieux emblématiques, classe, oubliés, devant lesquels on passe quotidiennement (ou presque).

3) Quelles ont été vos activités jusqu’alors ?

On est en grande partie issu.e.s de la fac d’art du spectacle. Mais c’est la fête, les concerts qui nous ont principalement réuni.e.s. Il y a des musicien.ne.s, cadreur.se.s, monteur.se.s qui pratiquent depuis longtemps, d’autres qui expérimentent tout récemment…

4) Comment se fait le choix des artistes sollicités pour vos événements ?

Tous les artistes qui souhaitent travailler avec nous sont les bienvenu.e.s, qu’iels soient émergeant.e.s ou déjà bien installé.e.s dans le milieu, tous genres confondus. Pour les sessions musicales chez Jules Verne, nous avons fait appel à des artistes que nous côtoyons et qui nous ont fait leur petit effet, vu.e.s à La Lune des Pirates, l’Accueil Froid ou encore à Cité Carter…

5) Pour vous que signifie le terme « collectif », qu’implique t-il en termes de postures et d’actions conjuguées ?

La question est relativement compliquée; je dirai que ce qui fait de nous un collectif, c’est d’abord notre complémentarité (parce que chacun.e d’entre nous possède certaines compétences), ça ne signifie pas pour autant que chacun.e est assigné.e à un rôle. On apprend les un.e.s des autres. C’est en tout cas la vision qu’on a de notre propre collectif : c’est une idée, une envie commune et de faire ensemble.

6) Adieu Perroquet a t-il été fondé pour combler un manque sur le territoire amiénois et régional, ou résulte t-il d’une envie collective d’impulser des actions culturelles plurielles/pluridisciplinaires ?

Le collectif a été créé surtout par une envie de mettre en commun nos énergies respectives, dans le but de retranscrire les émotions que l’on aime ressentir dans le public, lors d’un concert. On ne perçoit pas forcément de manque sur Amiens, parfois il est même difficile de choisir l’événement où aller, le même jour ! C’est même le fait de fréquenter les lieux culturels d’Amiens avec grande assiduité (surtout les salles de concerts), qui a fait germer l’idée de réaliser des live sessions.

7) Quelle analyse faites-vous, dans le but de les optimiser, des actions entreprises jusqu’alors ? Comment vous y prenez-vous pour les évaluer ?

Il y a toujours moyen de s’améliorer, et ça viendra par toujours plus de pratique. De tournages en tournages, on a identifié certains points comme l’organisation, la communication, etc… On se réunit très régulièrement afin d’évoquer toutes ces questions. Les retours des structures qui nous accueillent et de tout.e.s celles et ceux qui regardent nos sessions sont également très précieux.

8) Vis à vis de celles-ci, quel est pour l’heure le retour du public ?

Difficile d’être objectif face cette question, mais les avis sont très majoritairement positifs. La plupart salue l’initiative ainsi que la qualité du contenu proposé. Et ce qui est d’autant plus appréciable, c’est que ça l’est également de la part des artistes.

9) Quel regard portez-vous sur le vivier culturel d’Amiens et environs ? Avec quel type de structure vous sentez-vous particulièrement en phase ?

On trouve qu’il y a un lien assez fort entre les différentes structures culturelles d’Amiens. Personne n’a l’air de se tirer dans les pattes, c’est ça qui est beau, ou alors on est trop candides pour le remarquer. On a pu disposer de prêt de matériel, d’encouragements et de soutien moral, d’une structure à l’autre. Différentes initiatives sont prises, d’ailleurs, afin de mettre en relation ces différentes structures, que ce soit à l’échelle de la ville ou de la région : notamment à Haute Fidélité, Pôle régional des musiques actuelles, qui cherche à rassembler des structures de la filière musicale, et avec qui on a récemment pris contact.

C’est une opportunité supplémentaire pour nous, elle vient s’ajouter aux liens qu’on peut déjà entretenir avec d’autres associations telles que La Briqueterie, L’Accueil Froid Nuke et la SMAC amiénoise : La Lune des Pirates, avec lesquelles on entretient de très bonnes relations.

10) Quelles sont vos ambitions pour le collectif, à une époque où s’inscrire dans la durée relève presque de la gageure ?

Nos ambitions sont de continuer à collaborer avec toujours plus d’artistes et de lieux qui peuvent accueillir notre projet, de laisser place à notre imagination pour offrir un contenu toujours plus qualitatif. Et surtout, continuer le plus possible à soutenir la scène locale, la musique actuelle dans son ensemble, et à faire découvrir le patrimoine de la région sous un autre angle.

Photos Julie Cronier.

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