Tout comme pour le R4 dix jours plus tôt, qui me permit de renouer avec mes événements habituels, synonymes de “retour de vie”, la JAE (Journée d’Accueil des Etudiants) organisée par le CROUS et l’UPJV figurait parmi mes incontournables de cette rentrée 2021. Il s’agissait bien évidement, quand bien même l’affiche proposée me laissait quelque peu sur ma faim -elle a en comblé bien d’autres, vous le comprendrez plus bas-, de ne pas la rater. Retrouver la team, ce climat de fête, ces étudiants aguerris ou non à ladite festivité, ces frimousses en joie, me tardait et c’est le coeur chaud que je pris le chemin du parc de la Hotoie, accueilli par la Chouffe du catering du CROUS. Faces connues, échanges nourris par le bonheur de renouer avec un environnement qui (m’) apporte tant que si on l’effaçait de la carte, j’en serais affecté. Prise en main du pass photo, reconnaissance des lieux, tout ça ne se remplace pas. Le local Taï Z, chargé d’ouvrir le bal, se laisse shooter banane à la main. Visiblement, il l’a (la banane). L’heure d’entrer en scène se profile, il s’agit par conséquent de ne pas perdre le fil. Je pars me poster, dans l’émotion, devant une scène que commencent à bordurer ces arrivants qui, sans trop tergiverser, se lanceront dans une gestuelle collective qui ne trompe en rien sur l’impact du moment. D’une passivité curieuse, on passera rapidement à un état “groovy”, que seule la musique peut engendrer.


Taï Z+public.

Le rappeur du cru, progressivement, fait grossir les rangs. Le gaillard, signé chez Y&W, soit “Young and Winner” et ça le définit bien tant il a la gagne chevillée aux mots, impulse une première effluve marquée par l’ambition et qui, déjà, met les corps en branle. Pour lui aussi, la soirée se veut notable. Son équipe, au terme de son set, viendra investir la scène et immortaliser une entrée en matière qui aura rempli sa mission sans faillir. Qu’on aime ou non -j’avoue ne pas être un fidèle de la mouvance-, force est de reconnaitre les qualités de l’artiste, d’une part, et d’autre part, qu’il est aisé de se laisser porter par l’intensité du live, par une énergie/synergie entre public et musiciens(s) qui, au delà de la simple question du genre musical, font qu’on ne peut se désengager de ce que l’on en vit. Appareil en main, j’ignore la douleur, je défie les inflammations et décide d’aller arpenter l’assemblée, en quête de visages à figer. C’est mon bain de bonheur, mon bain de foule. Pour rien au monde, je ne laisserais ça à quiconque. Ils sont beaux ces jeunes, bien que majoritairement venus pour Suzane ils ne manquent pas d’honorer un Taï Z dont l’avenir pourrait bien lui valoir distinctions et consécration. Un moshpit se forme, serait-ce du métal ce soir? J’entrevois déjà les grosses guitares, le riff lourd mais c’est l’homme de scène qui exhorte, rallie et parvient à ce que le truc se fasse. C’est fort, les deux clans formés se rentrent dedans et communient.


Public.

La rencontre. Le premier brasier est allumé, le constat se dessine: l’étudiant n’est pas venu, en cette édition 2021, pour faire semblant. Il est acteur, entièrement investi. Déchainé même, au vu du dynamisme dont il fait preuve. Libéré, très certainement, après des mois de disette. Alors imaginez, à l’heure où joue Suzane, l’état des troupes. Au bout d’à peine deux morceaux, je me retourne et suis frappé par l’unisson dans le chant, par ces jeunes gens alliés autour d’un refrain, de “lyrics” somme toute légers mais qui, connus de tous, sonnent comme les cloches du ralliement. La dame, sur scène, renvoie une dynamique gesticulée qui transcende l’assistance. Espace scénique, public en délire? Où donner de la tête, je ne sais plus…j’opte alors pour les deux options. L’électro-pop de Suzane, sans réelle audace, commune mais appuyée par pléthore de morceaux largement diffusés, regorge de vigueur et de charisme et ça suffit, ce soir, à transporter la jeunesse. Le show est visuel, il me fait oublier qu’au départ, ce n’est pas de ce pain musical que j’ai pour coutume d’abuser. Le bonheur, ça se communique. J’en rafle quelques miettes, j’en capture la traduction: cris, sourires, danses endiablées. La JAE fait un carton, le choix des artistes fait mouche. De bout en bout, sans discontinuer.


Suzane.

C’est Etienne de Crécy, large sourire à l’appui -il le peut: la danse, quand s’amorce son set, s’intensifie jusqu’à l’abandon. Oubli de soi, sorte de lâcher-prise salvateur-, qui s’en vient conclure. Son live rythmique, idéal pour une fin de soirée, donc de JAE, provoque de nouvelles vagues de danse, de transe, d’une félicité qui restera gravée pour un temps conséquent dans les esprits estudiantins. La réussite est complète; éprouvé, je peux alors quitter les lieux avec la satisfaction d’avoir pris part à un moment marquant, qu’on doit à des gens qui savent y faire. L’année scolaire peut débuter, passée la fête il faudra s’attaquer au labeur mais la JAE aura, avant cela, assuré un accueil de premier choix. Ceci avant Festitude, succession d’événements pluridisciplinaires se tenant en différents lieux de la place étudiante picarde, dont le lancement a lieu ce mardi même….


Etienne de Crécy+public.

Photo William Dumont, plus de photos ici