Julius on the Wave “Crash test” (Banshies/Patapouf Gang, 18 juin 2021).

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Vidéaste pour moults groupes de moults genres, mélomane aguerri au punk-rock qui lui a permis de se faire les crocs avant de virer rap, Julius on the Wave est aussi passé par la case Fanzine, émission musicale visible sur Youtube et consistant à convier un artiste pour reprendre, avec lui, 4 morceaux ayant marqué sa carrière . Eclectique donc, le gaillard au communiqué de presse truffé de fautes “d ‘ aurtograffe” fait valoir sur cette diversité sur Crash test, bon gros clash qui passe aisément le test, bourré (comme un punk…) de mini-hymnes flirtant avec le rock, le rap évidemment, l’électro et la grande gamelle punkisante. Croyez-le ou non, ça groove de partout et le gaillard, s’il n’évite pas le cru, aborde de plus, ça et là, des thématiques intéressantes, comme -entre autres- le domaine psychiatrique et le droit de “différer” de cette foutue norme.

C’est parti pour la party, Trop content (Prod Dela) inaugure le bordel sans se mettre dans l’dur. La trappe (trap?) du rap se referme, mais le mec est libre et ne peut se contenter de ça. Sur la plage, trépidant, (s’)enivre. Riffeur et enlevé, il étend déjà le champ d’action de Jilius, prompt à surfer sur la wave. Le hip-hop de Pas de chichi feat. Sidisid (Prod Dela), à coups de motifs simples, groove tranquillou. Il jure un peu, c’est l’une des caractéristiques de l’artiste mais il le peut, ça n’entache pas son oeuvre, et précède Tenue républicaine (Prod Torpeur Beats), assaut punk-rock destiné à cette merde de république ainsi qu’à la surconsommation qu’on veut nous faire bouffer et dégueuler.

Fockin’ good, Crash test ne se limite pas. Ni verbalement, ni musicalement. Tout le monde me regarde (Prod Torpeur Beats) rappe, orné par une flute. Pas envie d’aller bosser, on a un Crash Test à écouter. Le titre en question, à la manière d’un Svinkels, braille et déraille, lâche des grattes mastoc et bien punk. Bon çaaaaa !!!! D’abord circonspect, j’adhère sévère. Zinzin (Prod TRIPLIXSIXDELETE) fait un peu l’kéké -les histoires d’herbe et de potacherie, ça peut gaver jusqu’à plus faim-, mais passe comme une lettre à la poste. Julius on the Wave, de bout en bout, secondé par une team au taquet, cartonne et détonne. Refus d’obtempérer feat. Dolorain (Prod Torpeur Beats) pue la déviance, mais suinte l’excellence. Ici, tous les genres fusionnent. J’ai perdu le contrôle (Prod Dela), annonce le morceau suivant. T’avais qu’à rester droit mec, ça te pendait au nez. La chanson, elle, délire dans le chant et les sons. Une fois de plus, ça capte l’attention et ça incite à recoiffer le casque.

Alors Quoi d’neuf Docteur ? (Prod Dela, C.Cole), qui en tant qu’éduc passé par la case schizophrénie/résidence accueil m’interpelle, va faire mieux encore. Sous camisole, il souligne des pratiques barbares, marie rock et rap, et soulève des faits graves bien que tus. Comme un punk en hiver (Cover Wampas) (Prod Dela), dans ses pas, susurre et ondule. Ode à la vie dure, il conclut magistralement un album réussi et galvanisant. Court mais éloquent, il met ainsi fin au premier jet discographique d’un Julius on the Wave à l’inspiration porteuse. Laquelle lui assure un résultat diversifié, tout en restant cadré et maîtrisé, et une série de morceaux sortis de l’imagination d’une équipe fertile. Ceci sans…chichis, comme l’insinue le troisième track de l’album, et encore moins de faux-semblants.

Bandcamp Julius on the Wave