Marina Allen « Candlepower » (Fire Records, 4 juin 2021).

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Marina Allen vient de Los Angeles, elle pratique une indie-folk que Candlepower, sa toute première « release », expose de belle manière en l’affublant d’une dynamique vive, de temps à autres, et d’une grande beauté que des motifs enchanteurs viennent sertir. Ses sept titres, s’ils débutent délicatement, prennent une tangente alerte, emmènent la folk dans un tourbillon mélodique de bon aloi (Oh, Louise en ouverture). Des cuivres s’intercalent, avec bonheur. Puis Original Goodness, tranquille, s’en tient à un déroulé plus strictement folk. Lequel, bien que posé, trouve son rang car Candlepower, belle idée, alterne le vif et le plus apaisé. Ainsi Belong Here, porté par une batterie présente et un fond agité, troublé et bellissime, vient-il honorer la première des deux options. De grâce en atours emportés, la belle Américaine séduit sans forcer, valorisée par des compositions bien charpentées. Elle est de plus abritée par Fire Records, que l’on sait fiable en termes de qualité musicale.

Dans l’avenant gentiment « piqué » Sleeper Train, à la moitié du disque, fait lui aussi ses preuves. Il est court, la Dame opte de manière ouverte pour des durées restreintes. Ca lui porte chance, ça lui évite aussi de s’embourber dans des détours inutiles. Believer, ombragé, suinte une pop-folk indé bien troussée, à la vêture encore une fois plaisante. Le chant se fait dark, puis clair. On ne peut relever, ici, de faute dans le rendu. On pouvait craindre, à l’écoute des premières mesures, du « tout folk » barbant. Rien de tout ça, pourtant et tant mieux. Si folk il y a, et c’est le cas, il se décline en l’occurrence avec vie et variété. Ophelia, caractérisé lui aussi par du mouvement, de l’harmonie, complète le paysage en proposant des envolées cordées avantageuses. Candlepower m’a été envoyé sans m’en aviser mais le partenariat avec Fire Records m’assure, à chaque réception ou presque, une surprise qui penche du bon côté. Je ne le regrette donc pas, loin de là.


Photo Kristy Benjamin.

A l’heure des au revoir Reunion, sur deux minutes à peine dépassées, clôt l’affaire posément. J’aurais aimé une « phase » supplémentaire, elle ne survient certes pas mais l’effort de Marina Allen, accompli et s’il n’est assurément qu’un début à confirmer par la suite, nous présente une artiste douée. On ne serait pas surpris, à l’avenir, de voir l’intéressée tutoyer les formations reconnues, tant son effort laisse présager d’une carrière que les parutions valeureuses ponctueront. Dans cette perspective, Candlepower résonne d’ores et déjà agréablement dans nos orifices auditifs, décidément gâtés en ce mois de juin où les sorties d’albums s’abattent sur vous et moi comme un torrent sonore bienfaisant.

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