The Underground Youth “The Falling” (Fuzz Club Records, 12 mars 2021).

0
735

Attention, ici la magnificence “blackfolk” est reine! Actif depuis son Morally Barren de 2009, né à Manchester mais basé à Berlin -on a connu pire comme lieux d’attache-, The Underground Youth va à nouveau nous ravir et nous régaler. The Falling, sa nouvelle merveille sonore taillée dans une étoffe “blackfolk”, prend en effet très vite, et ceci sans trainer, possession de nos occiputs. Huit pépites grisantes et grisées lui suffisent, le titre éponyme fait d’emblée briller des airs vocaux à la Nick Cave quand celui-ci se retient, flirte avec l’orage mais ne le déclenche pas. Le tout dans un écrin resplendissant, à la grandiloquence bien dosée. Le chant est exaltant, la chape folk un enchantement. Dark et agissant, sur l’auditoire, comme un aimant, The Falling va très vite se faire aimer. Vergiss Mich Nicht, où l’harmonica place ses complaintes, lui facilitera la tache. Minimalisme, jeu tempéré à l’impact énorme; La Jeunesse Souterraine instaure un voyage musical qu’elle se plait à illuminer par le concours d’une instrumentation magique.

Egyptian Queen, dans la même draperie à la fois pure et obscure, aux cordes à la majesté audible, se pose sur le trône. A l’image de ces groupes qui, en moins de dix tires, captivent tous vos sens, The Underground Youth fait des miracles avec peu de matière. Nul besoin de charger la mule. C’est sa sincérité, sa vérité dans l’expression, qui font la différence. Elles se déclinent depuis un temps déjà conséquent, ne peuvent de ce fait être contestées. And I…, dans une délicatesse à la Mazzy Star, à ceci près qu’ici l’organe vocal est masculin -tout en induisant les mêmes sensations-, met tout ça en exergue. J’ai succombé, prisonnier des lingots folk signés par Craig Dyer et les siens. Avec, dans le package, la touche de féminité apportée par sa compagne Olya. L’acoustique est au delà du brillant, A Sorrowful Race l’enrobe dans des cordes à nouveau fatales.


Photo Christopher Fenner.

Avec For You Are The One, le répertoire s’agite ou plutôt, gagne en “vitesse”. La voix s’obscurcit encore, des encarts plus bruyants se convient. Enchantement, sécurité d’un univers aux tons de gris dans lequel on se sent bien. A l’abri. Le refuge protecteur d’un Cabinet Of Curiosities au jeu finaud et sublime. Où les voix s’unissent, où la voix fait foi. Je me demande bien pourquoi on ne parle pas plus que ça de ce type de groupe, à l’heure où d’autres, bien plus inégaux, récoltent des lauriers un peu usurpés. Qu’à cela ne tienne, on sait où se situe notre coeur. Il penche vers le vrai, dédaigne l’opportunisme. On est donc, pris dans le sons de The Falling, sur le terrain idéal. On s’y abandonne donc, purgé de nos tracas.

On peut finir, ici, par une lettre. Celle d’un jeune amoureux. Letter From A Young Lover donc, en guise d’offrande finale. Une ultime cuvée lente, dont les notes réitérées créent un effet monstre. On est sous emprise, il n’a pas fallu grand-chose à The Underground Youth pour nous séduire et agrémenter sa discographie d’un nouveau fragment majeur. J’évoquais plus haut la sincérité des berlinois: si la preuve doit encore en être faite, je ne saurai que trop vous conseiller sur leur session d’écoute de l’album, proposée plus haut en format vidéo.

Site Fuzz Club Records / Bandcamp The Underground Youth / Site The Underground Youth