Varsovie « Magnitizdat / Kissa Kouprine » (Icy Cold Records, 29 janvier 2021).

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Duo grenoblois fondé en 2005, Varsovie se compose d’Arnault Destal et Grégory Cathérina. Les deux compères balancent, depuis mai 2006 de leur Neuf millimètres inaugural, un post-punk que les années lui ont permis de parfaire. Ils préparent « L’ombre et la nuit« , pour avril vraisemblablement et dans cette optique, sortent un double single qui à l’évidence attisera le désir de voir l’objet se pointer. Ceci au son de trames cold urgentes, chantées dans notre langue, irrémédiablement alléchantes. C’est Magnitizdat, référence à la duplication et à l’échange clandestin de cassettes audio en Union Soviétique, qui se présente le premier. Textes inspirés, ton à la Versari sur Des images, saccades rythmiques et bordurage cold à la Killing Joke accomplissent ce premier jet, fidèle et brillant aperçu de ce que la doublette peut enfanter. Fort bien messieurs, je vous découvre et déjà, je suis preneur.

Varsovie, me dis-je alors, sort de la caste des groupes dont on ne parle que trop peu. Il en existe, par centaines. Alors relevons la valeur du duo, signé chez Icy Cold Records et si ça, c’est pas un gage de fiabilité, alors retournons écouter Julie Pietri. Ah tiens, ça nous ramène aux 80’s, pas forcément absentes du registre de Varsovie quand bien même celui-ci se rapporte de façon préférentielle aux late 70’s. Leur « Eve lève-toi » à eux serait ce brulot qu’est Kissa Kouprine, taillé dans la même soie froide et belliqueuse, poétique aussi, qui singularise le projet. Grenoble est noble, elle nous offre Varsovie. Des garçons de nature à chercher des crosses avec intelligence, au moyen de mots élevés et d’un son qu’on se garde à portée de casque, estimable et assez tranchant pour susciter l’approbation.

On crée chez Varsovie, histoire d’appuyer le propos, des vidéos qui elles aussi valent d’être suivies et visionnées. A l’heure où le visuel importe, où il peut même primer, parfois et malheureusement, sur les qualités intrinsèques d’une formation, c’est un atout car Varsovie, de son côté, allie les deux. Solidité des compositions, verbe distingué, impact des clips qui finiront pas aux fripes; Destal et Cathérina réunissent les conditions pour, suite à ce single, continuer à agir avantageusement sur nos personnes. Des Français affublés d’un nom de ville polonaise et évoquant textuellement l’Union Soviétique, ça a de quoi attirer l’attention et l’audition confirme sans coup férir l’attraction initiale générée par Varsovie, dont on attend maintenant l’opus à venir en comptant les jours.

Bandcamp Varsovie / Bandcamp Icy Cold Records