Tendinite “Neither/Nor” (Araki Records/Hell Vice I Vicious/Fuck A Duck/Poutrage Records/Atypeek Music, 10 février 2021).

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Trio rémois qui met en émoi, Tendinite s’essaye à l’album, après deux eps probants. L’objet s’appelle Neither/Nor, il sort chez cinq labels indé à bloc (on connait la qualité des cop-prods..) et sonne réjouissant, a été enregistré at home et porte un artwork réalisé par Val l’Enclume, histoire d’enfoncer le clou (facile..). On y trouve dix morceaux pas piqués des vers, avec en première ligne un Never satisfied extrêmement…satisfaisant, assis en équilibre instable entre la folie d’un Cramps et la surf-music qui gicle. Chez Tendinite, on fait dans le compact mais notons qu’ici, le rendu parait -de façon globale- légèrement plus mélodique que par le passé. Le son est ajusté, audible et très “réel”, sans rouge à lèvres dirai-je. Nostrils, entre rafales de guitares volubiles, riffeuses, et rythmique pulsée, sert aussi un chant plein d’assurance. Un solo bien senti étaye un titre déjà consistant, puis Take me to the ocean défouraille suivant des tons garage-surf une fois de plus magistraux. On tranche dans le vif, les gars de Reims nous rincent et percutent sans discontinuer ou presque. Car ça et là, on relève quelques relatives accalmies. Free my bones, avec son rythme dingue, n’en est pas. Depuis 2016, Tendinite s’emploie à peaufiner son rock tout en tension, dont ce Neither/Nor synthétise à l’évidence le meilleur. Il se montre solide, cohérent, et positivement éprouvant car batailleur et offensif.

Pour appuyer mes propos, Let’s fight a mountain -l’ambition est affichée- déboule à toute berzingue, fort de ce son live mentionné plus haut. On en vient, à ce moment précis, à la moitié du bal et le tir reste nourri. Une fois de plus, les guitares se livrent à une escapade remarquable. S’ensuit un break, massif. Puis on repart en charbonnant parce que chez Tendinite, l’intensité mène les débats. Well I try, d’un début aux riffs crus, évolue vers un essai plus tempéré, tout au moins dans la cadence. Et autant impactant, en ayant le bon goût d’amener une autre approche. Bien vu les Champenois qui, tout de même, affublent le morceau d’une fin cinglée. Et cinglante. The bill, trépidant, surfe et tisse à nouveau des plans attrayants. La machine s’affole, elle passe un peu par tous les genres. On a même droit, parfois, à des clins d’oeil 70’s. Mais qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse et pour le coup, on est servi. Le pichet déborde. After fun, bourru, fait valoir des incrustes mélodiques; bien belles, qu’on couple avec une certaine fureur.

See the light, again est mis à sac par sa batterie, sauvage. Des notes surf le décorent avantageusement. Tout au long de l’opus, elles resplendissent, partent dans des galops sans bride. Wild, Tendinite grille les feux et allume le brasier. Can’t wait, pavé de fin noise et doté de choeurs, pèse de tout son poids. Sur un Neither/Nor capable d’aller titiller les grands car lui aussi majeur, campé sans vaciller, droit dans ses accords. Le travail paye, Tendinite en récolte ici les fruits et pose là dix chansons de bruit et de colère, bien ouvragées. Ca s’écoute d’une traite, sur les planches ça doit sacrément boulonner. En attendant d’aller le vérifier, profitons allègrement de la rondelle qui nous est offerte, de bon augure quant à l’évolution future des pathologies tendineuses.

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