Carambolage « On bouge en ville » (Musique d’Apéritif Records, 29 janvier 2021).

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Désormais uniquement composé (excepté pour le live) de Rémi Peltier, projet solo, donc, dudit bonhomme, Carambolage s’en revient enchanter les foules avec On bouge en ville, qui donne envie de l’y suivre et fait suite à son quatre titres éponyme datant de février 2019. Rassurez-vous de suite, rien n’a changé et on peut même dire que sur ce format album, la séduction est décuplée. Roller disco, entre synthés (disco?) guillerets et chant faussement naïf, guitares plutôt aiguisées et gimmicks qui prennent le chou jusqu’à ne plus le lâcher, impose d’entrée un style. Celui de Carambolage, projet diablement attrayant. La fête d’après, d’élans synth-punk en encarts 80’s, fait lui aussi sensation. Les mélodies pop vives et charmeuses sont de mise, t’façon ce gars-là est du genre à nous pondre un carton par titre. Ne vous étonnez donc pas si Coeur océan, giclée aux vocaux obsédants à la Plastic Bertrand (Ca plane pour Carambolage, c’est un fait), induit le même ressenti. L’enthousiasme. La danse se déclenche, on braillera à qui mieux-mieux, parce qu’on peine à en tenir le flux, les paroles du morceau en question. Carambolage, d’ailleurs, est tout aussi bon lorsqu’il fait retomber le tempo (Dérapage, contrôlé alors). Il a le sens de la ritournelle, sait l’aciduler, joue du clavier simple et bonnard.

Roi du salon, fonceur et riffeur, pose des choeurs valables. Il trace, met à l’honneur le King du salon et recourt à des sons qui, ici et encore, attirent l’oreille. On a les deux (oreilles), quoiqu’il en soit, vouées à l’écoute de ce nouvel opus percutant. Weekend nostalgie réalise l’alliage, quand vient son tour et avec assurance, du synthétique et de l’organique. Sous des aspects fun, Carambolage ne rigole pas quand, au moment d’enregistrer, il lui faut livrer des chansons crédibles. Ca fait du bien, en plus d’être énergique et constamment élevé. Musculation passion, un tantinet moqueur, réenclenche le mode délire. On y (re)trouve, avec contentement, les notes et bruits qui font la diff’. Pas d’chocolat, que des tablettes. Des p’tites pilules, pour être au top. Avec ça, nous voilà à tirer profit d’un disque sans défauts et sans gonflette.

Il dure neuf titres, vaut au moins le même nombre d’écoutes successives, dans un premier temps. C’est Musique d’Apéritif qui le sort, on en prendra donc de pleins godets. On les avalera aussi vite que file Payance, tuerie rock aux guitares ravageuses. On reste sur la même recette, celle-ci sied à merveille à l’auteur de méfait conseillé. Il est alors l’heure de bouger en ville, au son d’un titre éponyme délirant, dont les synthés entament une belle sarabande. Le Carambolage est parfait, à ce rythme il était de toute façon inévitable. Il se fout -un peu- de la gueule du monde, mais le gâte en lui servant un skeud de choix, qui fait rire et danser tout en balançant des textes qu’on se plait à entonner.

Il n’en faut pas moins, à l’occasion de ce deuxième « dikse », pour se mettre à l’abri de toute critique offensive. On bouge en ville nous incitera…à rester chez nous d’abord. Pour l’écouter, dans le salon de préférence car nous y sommes les rois, bien fort tout en se préparant tout de même, car ça prend du temps, c’est Carambolage qui le dit et vrai ils dit, à bouger en ville. On le mettra dans l’autoradio, puis dans l’walkman, histoire de parfaire une virée en ville qui s’annonce, compte tenu du produit en présence, joyeuse et débridée.

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