Coldreams « Don’t Cry : Complete Recordings 1984-1986 » (Camisole Records, 4 décembre 2020).

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Groupe cold-wave fondé à Clermont-Ferrand, mâtiné de pop, post-punk et new-wave, Coldreams connut une existence éphémère qui ne l’empêche pas d’être, aujourd’hui, l’un des combos français les plus recherchés par lesférus de perles rares. On apprécie donc grandement, et on en remercie le label Camisole Records, le regroupement, via ce Complete Recordings 1984-1986, de l’intégralité de ses enregistrements. Les quatre étudiants, à l’époque, sont édités par Rock Hardi et c’est déjà un gage de qualité. Leur Eyes fait office de titre-phare mais Don’t cry, qui évoque Cocteau Twins dans le chant et souffle une new-wave froide et vive, aux motifs façon Fire dances de Killing Joke, lance le tout en atteignant un niveau tout aussi estimable. Crazy Night – Burning Passion suit, alerte également, avec ses airs de The Cure première période et, au delà de l’impression favorable qu’il génère, un chant féminin de marque. Il retient l’attention sur de longues minutes. On peine à comprendre, en poussant l’écoute et le volume, l’échec que connut le groupe en son temps.

Il nous reste donc, proie de choix, ces sept morceaux d’une qualité qui, aujourd’hui encore, en feront pâlir plus d’un. Don’t cry (reprise), instrumental court mais remuant, au format new-wave estimable, le prouve. Turn the button, mélancolique, plus posé, démonte lui qu’outre la grande valeur de ses compostions, Coldreams sait étirer son panel. Eyes, de ses scories synthétiques vaporeuses, d’une basse de nature à faire bouger n’importe quel bassin, sert des motifs prenants. La voix, presque naïve, n’en est que plus attachante encore. Ici, elle se fait chaleureuse, en contrepoint à des notes cold dont Motorama, longtemps après, fera largement usage. Tout comme Morning rain, entre sucré du chant et vie d’un jeu d’antan, au carrefour du froid et d’élans plus « ensoleillés ».

Ce sont de réelles pépites, injustement oubliées, que joue Coldreams. Bulbs and bubbles, sur un ton post-punk plutôt appuyé, est tout aussi concluant. Précieuse, la compilation est certes brève, la durée de vie du groupe ne lui ayant pas permis pléthore de productions. Mais elle dévoile des plages infaillibles. Tout, pour le coup, concourt à faire de Coldreams un groupe culte, majeur et bien à part bien que restreint en termes de sorties. L’initiative est de ce fait louable, il ne serait guère étonnant que les fondus de la mouvance visée se ruent sur les ressorties impulsées par Camisole Records, dont le catalogue typé mérite par ailleurs bien plus qu’un simple coup d’oeil hâtif.

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