A quelques jours de leur premier single, Daddy Issues (sortie le 4 décembre) mais aussi à un mois et demi d’un premier EP, The Fates (sortie le 15 janvier 2021), les trois filles répondent à Will Dum…

1) A l’écoute de The Fates, premier EP à sortir le 15 janvier 2021, j’entends plusieurs genres, adroitement mêlés : psyché, stoner, prog et j’en passe. Comment en êtes vous venues à un registre aussi pluriel ?

Nous venons toutes les trois d’univers musicaux différents : Eva est influencée par le grunge, la musique baroque et la pop, elle amène souvent des lignes de chant et de basse très mélodiques alors que Myriam est fan de rock 70s, elle équilibre avec des couleurs plus stoner et hard. Edith adore le math-rock et d’autres genres friands de changements de signature rythmique ainsi que la lourdeur des ambiances du post-métal…

Nous nous faisons écouter beaucoup de choses différentes, qui n’ont parfois rien à voir avec notre musique. On ne se pose pas trop de questions, le mélange de nos goûts donne ce que nous aimons composer et jouer ensemble, d’où cette pluralité.

2) Quel a été le processus de création de l’ep ?

Les morceaux qui sont sur l’EP ont été composés entre janvier 2017 et octobre 2019, ce sont les premières compositions que nous avons faites toutes les trois. On les a testées, modifiées, retournées dans tous les sens pendant deux ans et demi de concerts avant de les enregistrer dans les studios Ferber.

3) Comment appréhendez-vous le contexte actuel ? N’êtes vous pas un brin impatientes quant à la sortie de l’ep, votre « tout premier » donc, qui pour beaucoup de groupes marque une étape d’importance ?

Si, très impatientes ! La sortie de cet EP est une manière d’acter notre musique et de la donner aux gens. Ceux qui nous suivent en live depuis quelques années connaissent déjà la plupart des titres, ils pourront enfin en profiter chez eux. On espère aussi toucher le plus de personnes possible. Malgré le contexte actuel, nous pensons que cette sortie est nécessaire dans notre développement en tant que groupe puisque cela nous permet de nous focaliser sur notre univers visuel, en tournant des clips, réalisant des artworks pour en arriver à quelque chose de plus complet.

4) The Fates est-il prétexte à un discours précis, à un message que vous souhaiteriez faire passer ?

“The Fates” fait référence aux mythes des Moires, les trois sœurs de la destinée humaine. La première déroule le fil de la vie, la seconde le tisse et la troisième le coupe, symbolisant la mort. Dans l’EP, nous nous identifions à ces trois sœurs d’abord musicalement: nous essayons de vivre chaque concert comme un cycle complet avec des moments d’extase un peu psychédélique et juste après des riffs lourds et nerveux. Cela fait aussi écho aux paroles de nos chansons, qui mettent systématiquement en scène des personnages au destin funeste : un astronaute apathique, une ogresse etc. c’est un peu comme si nous les contrôlions.

5) Comment fonctionnez-vous au sein du groupe ?

Cela part souvent d’une jam basée sur des éléments apportés par l’une d’entre nous. Après avoir fait tourner les différentes parties, nous prenons un moment pour discuter de ce que cela nous fait ressentir pour définir l’ambiance générale du morceau. Parfois, c’est Eva qui arrive avec des mélodies et une ligne de basse simple, mais nous faisons toujours ce travail sur les émotions et la narration pour garder en tête un objectif de composition. On choisit quelques mots qui incarnent le “mood” que l’on veut exprimer et on travaille sur ça.

6) Le groupe s’est formé en 2017, qu’inclut votre parcours depuis?

Nous avons surtout fait des concerts sur la scène parisienne puis en Alsace, Bretagne, dans le Sud-Ouest et le Sud-Est où nous espérons revenir bientôt ! C’est comme ça que nous nous sommes formées. Puis en décembre dernier nous avons tourné une live session avec l’équipe des Capsules. Nous avons passé ces dernières années à jouer dès que l’occasion se présentait finalement. Nous avons également tourné notre premier clip le mois dernier, il sortira le 4 décembre.

7) Comment, quand on est trois filles œuvrant dans le rock, est-on perçues dans un monde parfois « dénigrant » à l’égard des filles maniant la guitare et autres instruments ?

Nous sommes très encouragées et soutenues par notre public ainsi que notre entourage. Nous avons toujours été bien accueillies, et les retours sont souvent positifs: nous sommes heureuses de voir que nos concerts sont motivants pour certaines femmes et jeunes musiciennes. Bien-sûr, il y a parfois des a priori, des remarques que l’on tâche de corriger mais finalement, une fois notre travail sur scène fait, les discussions tournent plutôt autour de notre matos ou de notre musique qu’autour de notre genre !

8) On vous qualifie, dans la presse, de « power trio ». Qu’en pensez-vous ?

Nous attachons beaucoup d’importance au fait de jouer tout en live à trois. Nous aimons cette configuration, minimale et efficace. Nous travaillons sur plusieurs instruments différents chacune et aimons être capables d’offrir une sonorité complexe en restant à 3 sur scène. Le fait d’être qualifié de “power trio” nous correspond donc bien, puisque nous essayons d’axer notre musique sur cette caractéristique.

9) Quelle est votre approche de l’activité de musiciennes ? Etes-vous en mode « totally DIY » ou avez-vous à vos côtés une équipe, un dispositif d’aide spécifique ?

Nous avons préféré nous entourer de plusieurs personnes pour accompagner notre projet, ça nous a permis d’avoir un regard extérieur et de nouvelles perspectives d’évolution qui nous plaisent davantage. En septembre 2019 nous avons rejoint le label Nice Prod pour produire ce premier EP, nous travaillons avec Angela Duffin de NRV Promotion au management et Muzivox pour le booking.

10) Avez-vous des souhaits, ou projets à plus ou moins long terme s’agissant de Grandma’s Ashes ?

Nous aimerions beaucoup faire des concerts à l’étranger, jouer dans de belles salles françaises et réaliser notre premier album qui est en préparation.

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