A l’heure de la sortie d’un premier EP, inspiré par un recueil de poèmes rédigés dans les tranchées pendant la 1ère Guerre Mondiale (par l’arrière-grand-père de Mathias et Robin, les deux frangins du groupe), Cancre répond aux questions de Muzzart…

1) Vous fûtes tout d’abord Wicked, un power trio chantant en Anglais, avant de vous mettre au Français. Comment expliquez-vous cette mutation ? Dans le même temps, le registre musical a t-il singulièrement changé ?

Oui, nous avons joué plusieurs années sous le nom de Wicked. Le changement de nom s’est fait naturellement, après avoir commencé à composer de plus en plus de morceaux en français. Par conséquent, le style s’est modifié: les tempos ont baissé, la voix s’est un peu plus posée. Il nous a donc paru évident de changer de nom.

2) Cancre, clin d’oeil à des scolarités chaotiques ? 🙂

Pour ma part je viens d’une famille de profs, donc il y avait une certaine pression pour faire des études. Chose qui ne me convenait absolument pas. Je dirais que j’ai plus subi une scolarité en dents de scie.

3) Vous venez de sortir votre premier EP, « Face au vent ». Au vu de son origine (un recueil de poèmes, rédigés par l’arrière-grand-père de Mathias et Robin dans les tranchées de la première guerre mondiale), l’expérience de l’enregistrement a du être particulièrement émotionnelle ?

Oui tout à fait, l’enregistrement fut assez émouvant car il a fallu plonger dans les poèmes de notre arrière-grand-oncle. Un vrai trésor de famille, complètement oublié depuis plusieurs générations. Mais le plus fort reste pour moi la découverte de ce recueil.

4) J’y entends, assez clairement et ça n’engage que moi, les tonalités d’un Deportivo. Comment définissez-vous votre créneau musical ?

Pour le côté Deportivo, c’est un groupe que j’aime bien mais qui ne figure pourtant pas dans nos influences. Cependant, je comprends tout à fait les liens que l’on puisse faire. Je dirais que l’on fait de la chanson française sous différentes formes: nous ne voulons pas nous cloisonner à un seul style de musique. C’est pourquoi l’album sera plutôt varié sur les rythmiques et les mélodies.

5) Que représente, pour vous, la sortie d’un tout premier support ?

Ce premier EP représente beaucoup pour nous, car il permet au groupe d’exister. C’est un moment fort car un nouveau chapitre s’ouvre pour nous. Nous sommes très excités à l’idée de le faire vivre maintenant.

6) Dans le clip de « Face au vent », vous parlez d’oser le contre-courant, de faux amis aussi. Qu’y abordez-vous au juste ? Le vent qui emporte tout semble illustrer une idée de naufrage, d’entrave au quotidien…

Le morceau Face au vent est plus pour nous une façon de parler du carcan dans lequel nous sommes tous pris au quotidien. Nous sommes très admiratifs de certaines personnes qui savent prendre des risques, que ce soit dans la musique, le travail ou le sport. Aller à l’encontre des schémas établis donne une certaine force, je trouve.

7) Prévoyiez-vous, pour la sortie de l’EP, des événements particuliers ?

Comme vous pouvez l’imaginer, faire un concert pour célébrer la sortie de l’EP est très compliqué. Nous avions une date avec Izia à Morlaix, organisée par Wart, qui a été annulée. Cependant une date aux Trois Baudets à Paris, le 17 décembre, est pour le moment maintenue. On croise les doigts…

8) Comment gérez-vous la frustration, le manque d’opportunités dus à la période actuelle ?

Il est très difficile de gérer la période dans laquelle nous sommes. La visibilité sur le futur est très restreinte. Nous faisons notre possible pour prévoir des clips ou vidéos acoustiques afin de faire vivre au mieux le projet.

Dans tous les cas, nous continuons à travailler sur l’album 🙂

Photos: Rod Maurice.

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