Beingmoved “Smiles and Bigger Hearts” (Burning Bungalow, Hill Studio Production, Scatti vorticosi Records, Collettivo Dotto, Flamingo Records, QSQDR, Entes Anomicos. 20 novembre 2020).

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Au départ effort solo -celui d’ Andrea Nocco guitare en main-, rejoint par son frère Edoardo, Beingmoved a depuis avancé. Pour un premier EP (My Everyday Pop Songs, 2019), Samuele Puppo — bass and backing vocals, et Simone Brunzu — drums se joignent au projet. La formule mue alors en groupe de rock, on en vient donc à ce Smiles and Bigger Hearts nourri aux 90’s, frais et entraînant, dont les sonorités évoquent très souvent Dinosaur Jr. Ca ne trompe pas et surtout, ça prend vite et bien. My House résulte d’une pop joyeuse, un brin mélancolique, toutefois, dans la voix. D’emblée, on prend une giclée d’air frais dans la trogne, ça revigore et le piquant de cette pop-rock sans complexes s’avère décisif. Beingmoved joue des morceaux courts, donc efficients. Young est un deuxième tube indé (j’aime à écrire ce mot, il définit ma vision du rock et la musique en général) doté des mêmes atouts; pop mélodique mais alerte, rock bourru mais audible, bien combinés.

Il serait stupide, par conséquent, de bouder un album où tout est bon. Strange Feelings ne brille d’ailleurs pas moins. On reste, la méthode a du bon, ne la changeons donc pas, dans de la pop-rock appuyée. De temps à autre, les guitares s’offrent une brève et sobre escapade. L’union entre les deux frères et leurs acolytes est porteuse. Le gang de Savona, parti enregistrer son disque au Plätlin Mastering, un studio ayant vu défiler des artistes de la trempe de Kurt Vile, Lee Ranaldo, Biffy Clyro, The Kills ou encore Unknown Mortal Orchestra, en a tiré tous les bienfaits. C’est par conséquent l’auditeur et l’auditoire qui, par ricochet, jubilent lors de l’écoute. I could ne dépareille surtout pas, ses instruments rugissent et sa rythmique n’y va pas par quatre chemins.

On s’y entend donc: il y a en effet, à l’image du titre choisi, quelque chose qui, dans l’album, incite à la joie. Happiness, ça ne s’invente pas, en remet d’ailleurs une lampée à avaler de suite. Smiles and bigger hearts, en ces temps de restrictions et d’enfermement, agit positivement sur les âmes. Surtout celles qui, nostalgiques des années 90, en quêtent constamment les effluves. Over! leur en jettera une brassée, confirmant l’emprise de l’opus sur les coeurs et sa capacité à faire sourire. Noisy et vitaminé, issu d’une flopée de labels qui co-produisent allègrement, il n’offre aucune faiblesse. D’aucuns me rétorqueront, ils n’auront pas tort, que le rendu est uniforme, peu variable. Certes mais quand on trousse des compositions de ce niveau, on le peut.

Et puis Drops, stars, givin’up, plus lourd et saccadé, les contredira de toute façon. Je vante à intervalles rapprochés les mérites des groupes français mais l’Italie, bien dotée elle aussi, dispose d’arguments solides et Beingmoved en est. The Hardest Way, sur un ton délié et affirmé, confirme avec un éclat similaire. Les quatre hommes, en plus de ça et de nous offrir un effort constamment attractif, avancent à la bonne humeur. C’est contagieux, tout comme le bon son. Smiles and bigger hearts fait partie de ces rondelles qu’on écoute sans les interrompre, en se laissant gagner par ses morceaux notables.

Le dernier des neuf prévus, Here’s all, éternue une pop aussi fine qu’acidulée. On en est alors au bout du parcours, c’est un fait. Mais pas de regret, on vient de s’envoyer une série de chansons aux indéniables conséquences, revigorantes, sur nos esprits. Merci et bravo donc, à Beingmoved ainsi qu’à tous les labels impliqués dans la sortie d’un album réussi en tous points.

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