Müholos “Psychosomnia” (Freaksville Music, 9 octobre 2020).

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Müholos est la création du savant Docteur Alfred Müller, qui a consacré sa vie au développement d’une machine sonore luminescente aux émanations de plaisir intense. Ce Psychosomnia en est la retranscription, jouissivement sonore, aux airs de Kraftwerk d’aujourd’hui qui aurait entre autres flirté avec le disco et le reggae, mais aussi avec l’électro qui virevolte et met en joie. Dr Müller en a bien besoin: une dépression “chopée” dans les 90’s (le rock à guitares, ça met son homme à mal..), avec pour seul appui et unique présence le fidèle Müholos, l’a contraint à se désintoxiquer…pour ensuite se remettre au travail. Ceci après une période d’alcoolisation marquée liée à son état psychique. Quelque part, c’est un mal pour un bien puisque ce Psychosomnia, en plus de dépayser, captive de bout en bout. Lost in sound, rien que par son intitulé, donne déjà une idée de l’orientation, exploratrice, qui anime le disque. Un brin dub, délié et groovy, cosmique, il dévie et ses voix n’ont rien d’humain. C’est pourtant bien à nous, “glorieux” représentants d’une espèce de plus en plus vile, qu’il s’adresse. Son intervention fait gicler la dopamine, donne bonne mine et suscite une belle trouvaille.

Disco reggae (tiens donc), second titre aux gimmicks qui ne trompent pas, transfigure les genres en question. L’ajustement est parfait, la sortie de piste contrôlée. C’est bel et bien son champ propre que Müholos défriche là, on en parcourra les sillons avec un plaisir non dissimulé…ni dissimulable, d’ailleurs. Les claviers s’en donnent à boucle-joie. 123 ABC, funky et spatial, ondule et débite sévère sur le plan vocal. Ses nappes sonores font le reste, simples et enivrantes. Il est rare, actuellement, qu’on se fende d’une telle mixture. Slap de basse, envolées de claviers qui font déborder l’évier, cadence entraînante font qu’on ne peut résister à l’innovation qui émane de ce titre et des sept morceaux conçus.

Oh yes now (c’est clair mon pépère), également alerte, a la fièvre. Celle du samedi soir peut-être, où il plongera les corps dans une danse folle. Toute ressemblance avec un registre connu est à signaler, pour ma part je n’en décèle aucune et c’est bien ça qui fait de Psychosomnia une pépite impossible à classifier. L’Autobahn lui est grande ouverte, quelques lignes droites sinueuses plus loin Mambo N°25 serpente en mode jazzy exotique. Sacrebleu, on en voit de toutes les couleurs ici! Trance with Müholos progresse à la cool, ses drums impulsent une gentille agitation. Une fois de plus, on met les voiles dans la capsule de l’ami Müller, visiblement en bien meilleure forme qu’à l’époque de sa plongée mentale. Il en a tiré les ressources, c’est une évidence, pour y puiser un répertoire nouveau. Il est apaisé, inspiré.

The end of times, dernière plage aux allures de slow de l’espace, magnifique, vous permettra d’enlacer votre bien aimée pour célébrer…la fin des temps. Et, malheureusement et accessoirement, la fin d’un trip unique. Avant ces “réjouissances”, on a d’abord un album de haute volée à s’injecter, aux pouvoirs de résilience étonnants. Un produit addictif, à l’abus recommandé, qui d’une volute de keyboard et d’un tour de chant vocodé chassera une bonne partie de nos tracas du moment.

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