Gaume “Call it what you want ” (Eizer Records, 19 septembre 2020)

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Nantais, Gaume prend place dans un créneau entre pop, folk et rock qu’il agrémente à l’occasion de touches électro discrètes, histoire d’étayer son registre. Son Square one (février 2019) avait déjà agréablement surpris et Call it what you want, nouvel opus prévisible -dans le sens de “strictement dédié à des courants déjà pratiqués- mais qualitatif, lui permet de continuer, sans démériter, son avancée. On y navigue, agréablement, entre coups de sang bien ficelés (Haters gonna hate me et son rock électro bondissant, pièce maîtresse du disque, aux riffs mastoc), travaux folkisants en leur début, qui peuvent ensuite rugir et se montrer explosifs (Drumnroll for your answer, en ouverture), et mélodies omniprésentes, très souvent plaisantes. Gaume ne révolutionne rien mais affiche de l’adresse, constante, à composer. Timeless anger, plus lent, contemplatif, mélodise le tout en offrant des choeurs féminins suivis d’envolées enflammées. The best of your worst joue soniquement, se place lui aussi entre ferveur et mélopées avenantes. Tout est bon ici; rien, cependant, n’étonne ou ne dévie vraiment.

Broke up with a girl I never been with se fait folk, dénudé. Il s’anime ensuite, s’énergise. Il est évident que Gaume trouve, sur Call it what you want, un équilibre entre les styles et postures. Ca rend l’écoute attachante, sans pour autant que survienne l’encart wild et insoumis qui fera définitivement la différence et extirpera l’artiste de ses penchants “attendus”. Blowing on dust, bien arrangé quoique que rangé, le confirme tout en entérinant la valeur des titres livrés. You blacken my soul apporte du mordant pop-rock appréciable, bien tenu lui aussi. Gros riffs, voix criante puis plus douce, sons bien trempés; Gaume réussit dans son entreprise, servie par une collection de chansons louables. Front row seat, un brin funky mais de manière rude et groovy, assied son oeuvre.

Voilà donc un artiste qui bien qu’il ne fasse pas dans le hors-cadre, ouvre un panel qui ne perd jamais en impact. Night bird, plus sensible, s’adresse au coeur. Une fois de plus, le décor est conçu avec goût. Partner in crime, de voix effilée en ritournelles pop bellotes, aériennes puis bien plus appuyées, griffues, est bon lui aussi. L’auditeur y trouvera son compte, celui qui aspire aux contenus décalés un peu moins. Mais il reconnaitra, elle est évidente, la portée des morceaux de Gaume. Smithereens (hommage?) conclut le disque dans une belle dynamique folk-pop, galopante en contrepoint à son ornement sobre et finaud. Call it what you want, à l’arrivée, est un album qui ne perd jamais en qualité. De nature à assurer à Gaume, méritoire, la reconnaissance de ceux qui étudieront ses efforts sans discontinuer.

L’énergie, de plus, est souvent de mise. Même dans ses temps calmes ou apaisés, ou lorsqu’il fait retomber le riff, qu’il change d’orientation, Gaume en vient à un résultat probant. S’il y pose, à l’avenir, quelques tentatives plus audacieuses, moins “fermement” pop-rock ou folk, il trouvera en toute légitimité un rang plus élevé encore, à la hauteur d’aptitudes qu’on ne peut lui contester.

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