The Black Watch « Fromthing Somethat » (ATOM Records, 23 octobre 2020).

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Basé à Los Angeles, The Black Watch a déjà sorti moults disques. Depuis 1988 et avec une impressionnante régularité, le clan où officient John Andrew Fredrick–guitars, vocals; Rick Woodard–drums; Chris Rackard–bass et Andy Creighton–lead guitar se fend de bijoux d’une dream-pop psychédélique dont les reflets shoegaze et la mélancolie contagieuse peuvent faire autant penser à The Cure qu’à My Bloody Valentine. Alors que dans le même temps, ses mélopées font merveille et pourraient rappeler, elles, les Beatles. Avec ce Fromthing Somethat enchanteur, acidulé, la tradition est perpétuée. Saint fair isle sweater, sauvagement poppy, vient faire la nique aux The Pains of Being Pure at Heart et autres « noisy-poppeux ». Sa fraîcheur, ses vocaux rêveurs, son allant ne laisseront personne de marbre. Jolies guitares, crachin gentiment bruitiste font le reste. On tombe sous le charme. The nothing that is, suivant un schéma tout aussi simple, projetant ensuite une 80’s pop qui pulse, organique et synthétique à la fois. Des sons flous, dreamy, s’y invitent. Fin et enlevé, voilà un second titre qui ne laisse guère place au doute. Aguerri par tant de parutions de choix, The Black Watch étincèle. Les voix mêlées, ici, ajoutent du beau.

The lonesome death of mary hansen, dans un brouillon à la Jesus and Mary Chain, titille le shoegaze et s’en remet encore, on s’en félicite, à une belle dualité vocale. Green stars, clouds departing le suit en déroulant sa pop de velours, un tantinet piquante toutefois. Tout, sur ce Fromthing Somethat, est de premier choix. Derrière le chant de John Andrew Fredrick, on retrouve des intonations à la David Gedge, une patine qui contribue à faire exceller le disque. Et à distinguer le quatuor, dont la longévité constitue un exemple.

Drip, drip, drip, où se planque sur le début du titre l’ombre de Smith et consorts, renvoie une pop aérienne de valeur. A côté de ses atours soignés, le groupe laisse gicler la plume, macule le tableau. All I know (is that the moon is beautiful), soutenu, démontre que The Black Watch, dans ce créneau du passé qu’il remet sans cesse et avec maîtrise au goût du jour, n’a absolument rien à envier aux formations plus en vue que lui. On s’étonne, d’ailleurs, de la relative discrétion dans laquelle il avance, au vu de l’imparable qualité de l’opus en présence. Such like friendly demons, en modérant la cadence, empruntant un sentier plus mesuré, sans pour autant manquer de chien. Les raisons de s’enthousiasmer sont nombreuses, on en trouve plus d’une à chaque morceau déployé. Le vivifiant The haves & nots, en instrumental dont la posture marie douceur et vitesse du jeu, en est une de plus.

Avec For always then to keep, The Black Watch prend pied dans des eaux plus « symphoniques », livrant une pop élégante, dans le vent. A l’évidence, tout ce qu’il fait mérite d’être exploré. Tel un Guided By Voices, il n’offre aucune prise à la baisse de forme. I’m not hung up, apaisé, vient conclure son oeuvre dans une étoffe pop-folk sécure, dénudée, qui met en exergue son côté lo-fi et son refus de surcharger la charrette. A l’issue de Fromthing Somethat, on s’en ira visiter son Bandcamp, porteur d’ouvrages tous plus attractifs les uns que les autres.

Bandcamp The Black Watch

Site Atom records