Spinabifida “Spinabifida” (6 mars 2020, Ganache Records).

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Groupe d’Aix en Provence, Spinabifida joue du rock. On ne peut mieux le définir tant son album, éponyme, tranche dans la couenne du genre, alignant les titres-uppercut sans sourciller. C’est Cry & die, appuyé, un tantinet grungy, qui dresse le couvert. On est bien parti, on glisse allègrement sur une piste où les guitares pètent la porte tandis que la rythmique fait vaciller les fondations. Une voix entre le stylé et l’éraillé prend part au dézingage, émaillé d’un bref solo. Du rock, je vous disais, à la fin, pour le coup, déchaînée. Ca va durer six titres, de ce fait on ne décrochera pas d’un ensemble qui se tient sans soucis et d’un bout à l’autre. Spinabifida le sertit, cet opus sorti dans une belle K7, de mélodies qui pétillent. Sincericide, pop-rock et power-pop, ne faillit en aucun cas. L’échappée guitaristique qui le conclut démontre qu’en plus de signer des morceaux sans déchets, chez Spinabifida, on sait jouer sans pour autant se la jouer. Victor (Chant/ guitare), Mathieu (Drums), Vincent (Bass) et Siles (Lead guitar), dans un collectif rodé puisqu’il en est là à son quatrième EP, usent leurs cordes dans l’intensité.

Bleeding alone, chants croisés en sus, laisse à entendre un décor noisy, dissonant, greffé à la poudre grungy injectée par le groupe. Pas mal non plus, bien bon même, au moment d’aborder la face B du bazar. On saisit donc le Bic, on remet la bande d’équerre -elle a tourné assez vite- et Stink retentit alors, rock’n roll, bourru et convaincu. Les gars du sud font dans le rude, Dude. Fougueux, ils ne s’embarrassent pas de fioritures. Leurs chansons sont de plus courtes, ça ne laisse que peu de place à d’éventuels délires. Lemmy, au chant remonté, aux choeurs virils puis plus doucereux, dégage une belle ardeur.


Photo: Lazy O.Connell

C’est déjà la fin Sérafin, Superstone nous sert pour finir sa mixture rock, pop et punky, histoire de bien conclure. N’attendez pas de Spinabifida qu’il révolutionne le genre, il n’est visiblement pas là pour ça. Il saura, en revanche, faire péter les décibels et envoyer une ribambelle de tracks suffisamment probants pour se construire une carte de visite concluante. En attendant, peut-être, une sortie à venir sur un support plus étendu que sur un EP, de même qu’une série de lives de nature à épuiser l’audience aixoise et d’ailleurs.

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