Clavicule “Garage is dead” (12 juin 2020, Beast Records/Open Up and Bleed Records).

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Rennais, ça s’annonce donc bien, Clavicule va faire remuer les épaules avec ce Garage is dead dont l’intitulé ment. Son post-garage psych-punk from West fulgurant et mélodique, décliné selon des recettes variables, transcende en effet ce disque probant, qui fait suite à une flopée de dates dont la toute dernière, tenue au Mondo Bizarro à Rennes, a fait office de release-party. On est loin de l’ennui, Asshole fonce et riffe, après une intro dépaysante, à la mode Ty Segall. Marius : chant/guitare, Kamil : guitare, Ian : basse et Alexis : batterie ne sont certes pas là pour enfiler les perles, si ce n’est musicalement, mais ils diversifient, on le verra plus loin, leur registre. L’album est de ce fait plus impactant encore, Special trip passe la sixième et renvoie une urgence plus marquée encore. Puis il s’affine, sans perdre en vivacité. On est un peu partout à la fois; post-punk, garage bien sûr, qui fait rage, et légères volutes psyché s’affrontent et tiennent le même discours. Celui d’un quartette de qualité, qui enchaîne avec un Today combatif et débridé. On note, ça et là, l’inclusion de jolis motifs sonores. Une tempérance, aussi, de bon aloi. Objet d’écoutes innombrables et de retours positifs, Garage is dead présente quatre individus dont l’unité leur permet ici une grosse performance.

My time, subtil, démarre paisiblement. Puis c’est la cavalcade. Tout se succède, et se fait suite, sans “plantage” aucun. Garage is dead, tu parles…CAB, d’abord bluesy, navigue entre coups de griffe, de semonce, speederie et encarts psyché. Un peu de surf dans le shaker et c’est marre, te voilà avec un autre bousin de choix. Clavicule sait y faire, pour sûr il y croit dur comme fer. On ne l’en empêchera pas, son oeuvre parle pour lui. The race, plutôt massif, allégé par des sons mélodieux, complète avantageusement le tableau. Poursuivons donc allègrement l’exploration, elle nous réserve une flopée de pépites supplémentaires.

L’énergie de Wake up, après ça, enfonce le clou. Parfois direct, à d’autres endroits plus saccadé, Clavicule va rafler la mise. Il a pour ça les vertus requises et se hisse sans effort au niveau de ses “sources”. On estimera Rennes, encore une fois, pour ses groupes méritoires. Celui-ci en est, il plait aussi quand son propos s’épure (ce même Wake up et ses choeurs finauds). Vertigo, chaloupé, groovy, trace et sature, retombe. Le dosage est adroit. The monkey, léger, s’envole. Clavicule continue à attraper l’oreille, à épancher ses sons, variés. Ca fera notre bonheur, il n’y a rien dans cet opus qui puisse être rejeté. La pieuvre visible sur la pochette a fait son oeuvre, porteuse de courants dont l’association est régulièrement judicieuse.

Jericho, pour finir, offre un format plus long. Dans une intense finesse, suivant des tons célestes autant qu’enlevés, il se fait spatial et, dans le même élan, tapageur. Avec classe, de belle manière également car les mecs, jamais pris en défaut, insèrent de bien beaux bruits dans leur copie, qui mérite une note bien plus qu’honorable. La découverte, en ce qui les concerne, est excellente. J’en étais depuis longtemps certain, Clavicule me le confirme; nous avons chez nous, sans aucune nécessité d’aller la dénicher outre-frontières, toute la qualité possible en termes de groupes et ce, quel que soit le créneau choisi.

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