Hard Working Boss “Revulva” (Microcultures, 26 juin 2020).

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Projet du Gallois Jim Sheppard, Hard Working Boss arrive à son second album avec ce Revulva. Le premier, Bonjour Fucker, est sorti en juin 2013. C’était déjà un délice de pop/lo-fi à la Baxter Dury dans l’immédiateté de ses chansons légères, d’une pop à la classe dépenaillée. Il a fallu attendre, longtemps, ensuite, pour que lui succède Revulva. Mais patience est mère de sûreté et ici, Sheppard vient nous sucrer les fraises avec son disque-bonbon…car truffé de sucreries dont on se gave, dès lors qu’on en a ouvert le paquet, sans compter. S’il pastiche les Doors de manière amusante et addictive, pour débuter, avec Light my tinder et en usant de gimmicks de synthés fatidiques (c’est presque un blind-test, cette chanson inaugurale), notre homme transpire le British qui captive. Ses airs pop, ses mélodies propres et distinguées, mais entraînantes, sont de celles auxquelles on n’appose aucune résistance. On les chante, sourire aux lèvres, et on se les repasse souvent. The hunger, sujet d’un joli clip affiché plus bas, calme notre faim et nous charme avec ses voix alliées. Un rock retenu s’y greffe, pif paf pouf comme dirait l’autre, nous voilà pris dans les filets du Britannique. Blue, fin, laisse s’échapper une pop un brin folk, un tantinet électro, partout parfaite. Quant aux volutes de claviers n’en parlons pas, il n’y en a pas une seule, pour le coup, qui ne se logera pas dans les têtes. Les notres.

OCD girlfriend, sur un rythme sec à la…Sleaford Mods, fait à son tour la nique au sieur Dury. Le Gallois fait sa loi, du royaume pop il pourrait devenir le roi. Couronné par onze titres à la rugosité -occasionnelle- bridée (ce même OCD girlfriend), en virant joliment vers l’exotique (Bossa Nova Song Gone Wrong), il se hisse en tout cas très haut. L’air de ne pas y toucher, dans une désinvolture doublée de modestie qui lui sied bien eu égard à son rendu, il pulse sur Liar et, toujours, nous séduit par ses arcs-en-ciel pop animés.

I love my phone, pour ne rien gâcher, instaure un refrain fatal. Il garde, dans le même temps, son attrait pop que quoiqu’il en soit, nous approuverons tous autant que nous sommes. On reste sur ce ton tout du long, il reste quelques friandises au fond du tiroir et le sugar à déjà commencé son oeuvre dans le circuit de récompense. Helen, a baby entête, Hard Working Boss a du bosser bien hard pour trousser un album aussi accrocheur. Ou bien il a un don et ça sort comme ça, comme par miracle, de son cerveau fertile. Rocky horror high convoque de belles notes acoustiques, laisse une basse ronde le porter. Il vivifie, souffle un vent pop qui remettra des couleurs à toute l’assemblée. Impossible de ne pas les fredonner, ces “lyrics”. Impossible, aussi, de ne pas craquer devant ce titre proche du tube, magique.

Ah et puis, y’a Final tune. Synthés-drogue, chant-came, on n’est pas là d’arrêter d’consommer! Pour ma part j’adore, c’est un alcool aussi doux qu’enivrant, ce Revulva. Je replonge la main dans le paquet, je secoue le flacon; Pretty fucking funny, dernière lampée délicate, en gicle amicalement. Une basse cold décore la terminaison, magnifique. Hard Working Boss est le boss, il soigne nos bosses et à personne ne cherche des crosses. Il a opté pour le combat…musical et à ce jeu, s’avère être un adversaire redoutable, armé d’un Revulva tout sauf répulsif.

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