We Hate You Please Die “Waiting room” (EP.Kids Are Lo-Fi Records, 13 mai 2020).

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Ahlalalala, ces rouennais de We Hate You Please Die! T’es dans l’confinement et histoire de te remettre à flots, ils te font la surprise d’un ep dans l’urgence, braillé, speedé, taillé dans la couenne de trois perles indies. En plus ils l’appellent Waiting Room, ça te fait penser à Fugazi -dont ils ne sont parfois pas loin- et l’amorce, punk, débraillée, cogneuse et chantée follement, produit déjà son effet (Coca collapse). Dans des contours lo-fi, suivant un son bien live et crado comme la pelure à Quasimodo, qui lui sied parfaitement (le son), le quartet normand laisse d’entée de jeu les concurrents loin derrière lui. Il faut dire qu’il démarre vite et fort, on sera bien en peine de la talonner et de plus, il trace en agitant les bras à la Joseph Montibeller quand, percutant, il menait l’attaque du SC Abbeville du temps de la D2. Alors forcément ça pulse, ça déborde et Good cie, deuxième morceau de ce disque qui ne fait pas de courbettes, met des choeurs, bien beaux, dans sa folie rock à la vigueur contagieuse.

L’EP est aussi bon qu’il était inattendu, c’est de toute façon souvent dans l’imprévu qu’on trouve son plus vif plaisir. Ici les guitares s’indisciplinent, la rythmique fait la nique à Usain Bolt et les chants, comme dit plus haut, s’allient sans trop calculer où ça va les mener. Au meilleur quoiqu’il en soit, on commence à s’y habituer avec le clan hommes-femmes de la cité de Jeanne d’Arc. Ca tombe bien, le groupe lance des flèches qui te dézinguent tout sur leur passage.

On ne lèvera pas le pied un seul instant; tout, sur Waiting Room, est voué au crash et au clash. J’en connais, dans ma ville amienoise et pas seulement ici, qui vont tout comme moi suradorer l’bazar, pas fait au hasard mais pas non plus complètement tenu. On aime, chez WHYPD, filer sans trop dévier du chemin. On le fait bien, à l’occasion et comme le fait Good cie on poppise quelque peu ce qu’on fait, avec brio. Support your local liar, qui passe la sixième, polisson, m’évoque à la fois Pixies et Foil. Ca bruisse façon 90’s, c’est rêche et inflammable. Une giclée décisive, face à laquelle il faudra être solide les soirs de concerts. On n’en est certes pas là, loin s’en faut mais le constat est clair et net: WHYPD est de mieux en mieux armé, l’assistance pliera devant sa force de frappe.


Photo: Titouan Massé.

Coup gagnant donc, en pas même huit minutes, sans changer d’un cap que le groupe tient remarquablement. On se prend à imaginer, lorsque se pointera un nouvel album, l’immensité des dégâts. Dans l’attente, on éprouvera consciencieusement ce Waiting Room coup de fouet, effort à la lisière de la note maximale.

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