Tazieff “Is this natural?” (1er mai 2020, Pocket Knife).

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Trio dont les membres arrivent à la fois de Tonvic en Auvergne, Marrakech (Maroc donc) et Ortigia (Sicile), Tazieff a parait-il fait sensation avec By The Kingdom (2015), premier LP mixé par Peter Deimel (tout de même!). Entre cold wave, post punk et rock, le groupe a pu entre autres ouvrir pour Lee Ranaldo et depuis, l’envie de se réinventer, sans tout chambouler, s’est fait jour. L’ep qui en résulte, ce This is natural? qui semble l’être, est en tout cas un peu plus “pop”, porteur de morceaux vivifiants, mélodiques sans nul doute mais aussi griffus comme l’est Analyze qui inaugure le disque. Un essai cold-pop qui met sur les bons rails, inaugurant d’un contenu de bon aloi. C’est ma foi le cas, aussi, sur le single: Kubik, entre subtils décors et froideur syncopée. On pense cold-wave mais pas seulement; on fait aussi dans l’atmosphérique, dans le délié-débridé. Ca réussit au groupe, il me permet assurément une trouvaille sans désagréments. Si Peter Deimel n’est plus aux manettes (c’est pour le coup Léonard Mule qui s’y est collé et le boulot s’est tenu au Poisson Barbu à la Goutte D’Or (Paris)), le disque ne pâtit visiblement pas de son absence..

Plus loin, l’ombrage de Natural attire. Tazieff est de plus alerte, il ne dédaigne pas pour autant les mélodies. Celles-ci servent l’intérêt de son EP, il y colle des sons bien pensés. Les claviers y trouvent leur place sans difficultés. Le tout est bien agencé, honnête.

Hurry, du même tonneau, exhale un plan cold soutenu. On comprend, dès lors, le succès du premier long jet de Tazieff. Le groupe maîtrise sa production, aucune incartade de mauvais goût n’est à déplorer ici. Is this natural?, s’il ne révolutionnera pas sa mouvance de préférence, lui apportera un crédit plus conséquent encore. Tazieff, sans atteindre le degré de renommée d’Haroun, pourrait, doté de telles sorties, se faire un nom. Ca ne serait pas, loin de là, immérité. Wroclaw, cinquième et dernière chanson de l’EP, ne le voit d’ailleurs pas faillir. Si les influences sont encore perceptibles, ceci n’entame que bien peu l’effort des 3 hommes. Cette fin d’ep, plus apaisée bien qu’orageuse en ses ultimes moments, le démontre.

S’il faudra (et ça n’engage que moi), à l’avenir, s’émanciper complètement, Christophe Moinard (vocals, guitars, bass, pedals), Niamor Aciric (guitars, keyboards, pedals) et Dan Murciano (drums, programming), pertinents dans leur labeur, méritent qu’on les suive et qu’on mette en avant des sorties jusqu’alors plutôt probantes. Qu’on espère couronnées de lives d’une portée au moins similaire voire plus “wild”, encore, que le répertoire offert ici.

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