This is Shit “///” (24 avril 2020, Upton Park).

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This is Shit, ils ont raison de le dire. C’est vrai mais eux n’en font pas, bien au contraire. En trio dopé à la techno bien rock, ils envoient sur ce ///, leur premier album après notamment 3 EP ayant déjà attiré l’attention, du lourd. Et ce sur 10 morceaux qui s’enchaînent et se déchaînent, porté par des sons rauques et rock, des bondieuseries techno, donc, club comme le sont les voix éparses de l’opus. Ca groove de partout. A l’écoute, dans mon crâne tourneboulé, je me remémore Marvin ou La Jungle, adaptes eux aussi de ce mix audacieux. Chez This is Shit, alias TH/S /S SH/T, c’est l’option technoïde qui prévaut; on lui colle des riffs gras, les boucles lancent une danse très dense et nous voilà partis pour une grosse salve de plaisir auditif. C’est l’éponyme /// qui ouvre la boutique; nappes spatiales tout d’abord, pour appâter l’badaud. Vocaux “de discothèque”, alternance entre jets directs et breaks tempérés. Motifs bien choisis, bien pensés. Il y a tout. On s’éprend aussi de ces voix de sous les stroboscopes, on s’empreint de l’énergie mise dans ce début déjà affriolant. Transition 1.0 se pointe ensuite et génère une digne suite. Guitares sous tension, élans célestes agités, rythme électro soutenu et sons (c’est ici fréquent) de bon aloi font la loi. Des lézardes noise s’invitent, elles ne sont pas de trop. Loïc L (guitare et synthés), Xavier L (basse et synthés) et Gilles D (batterie) font un boulot d’une part singulier et d’autre part, attrayant en diable.

Ecstasy, qui permettra à tout un chacun de tenir sur la durée (elle était facile), poursuit sur la voie victorieuse. Ses grattes bastonnent, sa batterie met des uppercuts en bonus. Y’a pas à dire, on n’y trouvera rien à redire. Entre force de frappe et inclinaisons haut perchées, This is Shit fout la merde et ça enthousiasme la foule. Transition 1.1 joue un rock de l’espace à la vigueur métronomique, au débit incoercible. On ne va pas se priver; le produit est ici en libre accès, on va s’en fourrer plein le goulet. Hemp, voix orientalisante et coups de tronche des instruments allant de front, nous y encourage.

L’addiction ne sera pas blâmée, elle est saine. Les claviers, en déversant leurs sauce sans discontinuer, ajoutent du piment. Il est évident qu’ici, TH/S /S SH/T accède à un statut nouveau. Sur scène, on n’ose imaginer l’étendue des dégâts. Il faudra s’y rendre, dans l’attente il nous reste la moitié de /// à s’ingurgiter. Transition 1.2 joue avec les notes, ça lui vaudra justement une bonne note. Il faut dire que la copie du trio est loin d’être celle d’un cancre. Novatrice, elle ne ressemble en rien à celle de l’élève-type. Tiens, le dit morceau nous emmène là-haut. C’est OK, let’s go to another planet. Puis Amphetamine -alors là, on va se faire choper par la patrouille-, sans crier gare, agit comme un stupéfiant. Un véritable stimulant, qui sous cette forme sonore n’engendre que des effets désirables. A la fin de l’essai, Gilles cogne et ses acolytes l’épaulent en toute allégresse dans son bel écart. Transition 1.3, à l’issue, privilégie le cosmique. Il y a alors bien longtemps que de toute façon, on a mordu à l’hameçon.


Photo Sébastien Houis.

Ainsi Paraldehyde, avec ses sonorités fines et aériennes, sa cadence comme de coutume vive, nous maintient dans nos délectables tribulations. Son final mordant et galvanisant nous laisse agonisants. La bataille, avec ces 3 hommes, ne connait que peu de répit. Alors Transition 1.4, courte salve terminale, nous porte les ultimes coups. Et là, on est vaincu. La puissance est détonante, le ton presque hardcore-punk, en mâtinant bien sûr le bordel d’un coulis techno dont This is Shit a le secret et dont il fait usage, tout au long de son ///, avec maestria. Attention messieurs-dames, c’est du solide, du très très solide!

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