Bad Pelicans “Underground” (CHRYSANTHEM Records, 7 février 2020).

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Trio parisien où Fernando Dias, Simon Vouland et Lucas Lecacheur nous cognent la gueule pour, plus rarement, nous bercer dans leurs effluves mélodiques que leurs guitares, pour le moins “wild”, dézinguent avec allégresse et sans un gramme de graisse, Bad Pelicans nous fait la surprise d’une nouvelle sortie. Cet EP tout frais, le bien nommé Underground, va nous faire patienter dans la joie avant la sortie de l’album, prévue…je ne sais pas quand. Il fait suite à une tournée européenne et on notera au passage que les gaillards, et c’est pas usurpé, ont eu droit aux honneurs de Libération, le 20 janvier dernier, en étant “Son du jour”. Ca tombe plutôt bien, Underground est libérateur et le noisy-punk Zero talent l’inaugure pied au plancher, dans une sorte de frénésie maîtrisée qui déjà emballe grave. C’est aussi un peu, voire beaucoup grungy et tant mieux, ça donne du goût et les mecs en ont, ça s’entend et sévère est la sentence. Un peu comme si Mudhoney, Sonic Youth et Pissed Jeans croisaient le fer, enfin je crois. Tout ça joué dans un Black local où les crissements et dérapages fuzz prennent une ampleur, couplée à des incartades subtiles, qu’on prend dans les gencives. C’est comme le Colgate, sauf qu’après t’as plus d’dents. Ca n’empêche que dans ses scories adoucies, Bad Pelicans est tout à fait judicieux.

S’il aime l’échevelé, il peut aussi faire dans un psychédélisme enlevé, aux excès qui une fois de plus fuzzent comme le Superfuff bigmuff de qui vous savez. C’est la coulée de lave, l’éruption et comme les mecs prétendent ne pas savoir quoi faire de leur vie (My existence), on leur conseillera l’option vis d’ta zik. C’est tendu, tu galères, parfois t’y crois plus mais c’est passionnant et au moins, ils seront dans leur élément. Bien plus que d’autres. Ca tombe bien, encore un coup; ils veulent devenir le PNL du rock français. Ce dernier a intérêt à larsener sévère, histoire de se mettre à niveau parce qu’ici, il aura pas à faire à des veaux.

Mais revenons à l’EP, qui déjà trouve son terme. C’est un Suffer presque pop en son début, paré de notes fines, qui nous enchante une dernière fois. On le croit sage mais Bad Pelicans, et il fait ça bien, l’enrobe de zébrures noisy et le fait accélérer. Sans prévenir bien entendu, sinon c’est pas marrant. C’est foutrement jubilatoire, mon cher Edouard. Même la pochette arrache tout et sous des airs débraillés, le clan de la capitale signe un EP capital, pensé et préparé sur la durée.

L’envol de ces Mauvais Pelicans est plus que bon, il donne en tous les cas l’envie d’en suivre le vol et gageons que l’album, dont je vais m’échiner à tenter de “choper” la date de sortie, fut-elle approximative, promet de bien nous retourner. L’EP, quant à lui, est sorti chez CHRYSANTHEM Records. Pas un label de morts, loin s’en faut, dont je vous recommande l’exploration via son Bandcamp mentionné plus bas.

Bandcamp CHRYSANTHEM Records