All Caps “We were wrong run run run” et “S.U.V. brothers” (Black Basset Records, 9 décembre 2019 et 6 mars 2020).

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Constitué du batteur de La Jungle et du guitariste de Mont-Doré qui ici tient la basse et la tabasse -on est donc, clairement, dans l’écurie Black Basset Records et ça s’annonce de ce fait très bien-, All Caps en est déjà à 3 sorties, Ep “minimum” ou plus étendu, sur la structure de Charleroi. Son registre, entre noise, math-rock et chant épars, ne s’éloigne guère de celui de La Jungle et personne ne s’en plaindra, loin de là. Bien au contraire, la paire belge s’étant déjà fendue, entre autres et pour nous autres, d’un Past // Middle Age // Future (avril 2019) à l’agitation jubilatoire.

C’est bien de ça qu’il s’agit ici et We were wrong run run run, dont le nom évoque les Liars, nous sert d’emblée six titres marquants (pour l’auditeur) et démarquants (pour All Caps). On y trouve, très fréquemment, une batterie en cascade et rafales (Homerun) que la voix, faite de peu de mots, et la basse, omniprésente, ainsi que des claviers délirants épaulent. Ca nous laisse un fracas jouissif, instauré par Out of office qui sans attendre lie entre eux les ingrédients magiques du combo. Ces 2 là maîtrisent tout mais ne brident rien, leur énergie est ravageuse. Marshmallow scarecrow, “tranquille” vis à vis des autres plages, ferait presque, tiens donc, dans le psychédélisme avant que, comme à l’habitude, le tout ne s’emporte pour verser dans le rythme fou. C’est sacrément groovy, tout ça, en même temps que forcément, ça envoie du bois comme il se doit. On breake, les claviers nous font “monter” et c’est ainsi que s’achève le morceau. Death whistle, passé le Homerun mentionné plus haut, déboule à toute allure et en a, de l’allure. On trouve, constamment, les motifs qui séduiront et on fait péter la vigueur, élément évidemment décisif quant à la bonne tenue du bazar. On se la joue vidéo game joué par des fous aux humeurs changeantes (Funeral train), l’effet des voix est de taille de par ses “Hey hey” ou ses “Hou hou” aussi simples que bonnards.

On n’a pas à faire à des pleupleux, qui terminent par ailleurs l’ep sur une forme d’apaisement pour, 3 mois après, nous resservir une giclée de 3 titres eux aussi source de plaisir énorme, sur S.U.V. brothers.

C’est Clothilde, rythmique qui turbine grave et claviers plus spatiaux, qui nous décoche le premier coup d’tronche. En 1.51, pas plus. Imaginez à quel point ça peut cogner. Groggy, on se relève et Black Milou (Tin-tin les gars, c’est pas possible ça, vous êtes encore dans l’délire), plus modéré, se “démodère” magistralement sur sa fin. Rassasiée est notre faim, pourtant en en reprend une dernière plâtrée au son, cosmique, d’un Stellar door qui me fait penser, à l’instar des disques de La Jungle, à nos géniaux Marvin, étrangement absents depuis quelques temps (j’apprends d’ailleurs, à l’instant, qu’ils ont cessé de jouer depuis 2016). Le chant, pour le coup, est présent et étend, si on peut dire, son vocable. Pas besoin d’en dire plus, de toute façon; la méthode All Caps est la bonne et l’écoute de ses EP’s égayera l’horizon, parfois terne et notamment en cette période. Tout comme l’intégrale Black Basset, dont ces étonnants Choolers Division que je vais aller réécouter toute affaire cessante.

Bandcamp Black Basset Records