TXTMS “TXTMS” (20 mars 2020, Dora Dorovitch).

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Fruit de la rencontre entre Danny Wicke (Dan Dillinger) et Tyler Webb (OneWerd), issus de la “SF Bay Area”, TXTMS s’adonne à un hip-hop pur jus, pas de ceux qu’on extrait des rayons mainstream. Le leur, large, est à aller dénicher dans les petites échoppes, dans les recoins où on fait bien, où on crée sans se soucier de savoir si, à l’arrivée, on plaira au plus grand nombre. Il prend forme sur cet EP aux quatre titres dont le premier, Ashes, faut gicler ses sons de manière saccadée, sur un flow entre diction loquace et intervention plus posée. Il en émane des penchants presque psyché, ce titre introductif se montrant planant tant dans son tempo que dans ses sonorités. Puis on passe à Paying the price, voix rude et sonorités une fois de plus “haut perchées” enfantant un électro-rap de belle facture. On a juste à se laisser porter, mais c’est bel et bien Breaking point (feat. Emcee Graffiti & Dephyant), superbe essai fusion aux guitares féroces, qui sort la paire de sa zone de confort attractive, certes, mais un peu trop installée dans la “coolitude”. On pense à Senser, époque Stacked up, pour la déblatération accompagnée de riffs durs comme le silex.

Dommage, se dit-on alors, que les deux comparses ne troussent pas, ici, plus de morceaux hybrides. Celui-ci dépote, il dénote presque, même, aux côtés des autres travaux qui eux dévoilent une facette clairement plus posée. Ceci sans démériter le moins du monde, TXTMS présentant une réelle disposition à frapper fort tout en évitant la linéarité bien qu’étant la plupart du temps assez “retenu” dans ce qu’il renvoie.

C’est d’ailleurs le cas de I Can’t Believe It (feat. Megabusive), qui fait valoir comme les 2 morceaux de début des penchants psyché, j’entends par là “nuageux”, célestes. On note, au passage, le recours à différents intervenants, ce qui confère au projet des allures de collectif à l’esprit ouvert. Et la solidité globale du rendu, prometteur quand on pense qu’il s’agit d’un tout premier essai commun pour les 2 hommes. Ceux-ci s’entourent bien, ont des idées porteuses qu’à mon sens, il serait bon de creuser plus encore à l’avenir. On attend désormais la suite, qu’on espère tendue dans ses atours tranquilles et émaillée de nombreuses saillies fusionnantes.

Bandcamp Dora Dorovitch