Young and Cold Records “Generation Young and Cold Vol​.​2” (29 décembre 2019, Young and Cold Records).

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Label “Cold and new”, basé à Augsburg en Allemagne, Young and Cold Records sort régulièrement des disques aux airs de must et en cette fin d’année, nous fait le plaisir de 2 recueils intégrant l’essentiel des artistes qu’il promeut. La second volume est décrit ici, il offre pas moins de 34 titres et une palanquée d’ambiances diverses, ayant pour trait commun des claviers dominants et trames froides savamment concoctées.

Entre le chant en allemand de Metal Disco avec son Pulverfass (feat. Chroma Carbon), Bragolin et Adam Tristar qui débutent en jouant une new-wave alerte (The End Dwells In Us All), et la conclusion qui revient à Art Zero feat Tanya Splinter (Schatten meines Herzens), froide mais féminisée, plutôt minimale, synth-wave, darkwave, élans légèrement gothiques, cold et new-wave se font entendre et à l’écoute, on comprend que bon nombre d’intervenants issus de la structure Young and Cold méritent, très largement, notre attention. Qu’elles soient glacées ou plus enjouées (le Boze odpovez de Das Funus), les nappes des machines s’acoquinent avec des chants caractéristiques de l’époque visée. Le panel est de qualité, à la hauteur, à mon sens, de l’intégrité affichée par Young and Cold Records. On fera forcément, au gré des morceaux inclus, des découvertes qui nous pousseront à explorer les productions du label qui dispose par ailleurs, aussi, d’un studio.

Il en va ainsi, par exemple, de Kiss of the whip avec Forgive me not, froid et saccadé, aux notes à la New Order. Ou d’Abu nein avec Geist, dont émerge une voix féminine grave. Alors que NNHMN laisse lui un Der unweise “de nuit”, orné d’un chant songeur. L’union du synthétique, fréquent donc, et de l’organique, plus épars, est de la partie; Antipole, entre autres, s’y attelle avec adresse (Part deux feat. Eirene). On a droit, aussi, à des fournées à la voix légère, surplombée par des “keyboards” aériens (Oberst Panizza avec Im kalten see), et à d’autres rageuses (Dan Scary avec Knochenstaat). En ajoutant à cette compilation les 38 titres de la première, ça nous fait 72 ritournelles du genre. Ca démontre qu’à Augsburg, on sait allier quantité et qualité. Albert Severin, sur une trame typiquement 80’s (Impact) que des voix et bruitages indus viennent zébrer, ou Geometrtry combat, fort d’un Reactor qui aurait eu sa place sur les compils “A man and a machine” instaurées en leur temps par Le Son du Maquis, ajoutent de la valeur à l’objet, déjà signifiant.

Supernova 1009, claviers fous et canevas épais à l’appui (Your mess), ou Elvis de Sade (un Transformation cold autant que nébuleux), illustrent bien la diversité des climats soufflés par les musiciens. Night nail, guitares féroces sur l’épaule, fait de son côté dans l’indus (Republican marriage) en usant aussi d’inclusions modérées. Un savoir-faire affirmé caractérise l’ensemble. Paradox obscur, quand vient son tour, amorce une percée spatiale incoercible. The Violent Youth, plus cold et direct, pulse avec Rabota que les claviers, toutefois, allègent de par leurs spirales aux abords du lumineux. Tandis que No, avec son Cancel, laisse les machines lâcher la rampe et y va de sa voix à l’opposé du fluet. On a aussi Walzwerk (Step by step), indus également, avec des abords gothique, ou Social station (Hesitate), new-wave option incrustes cold, qui brillent d’un sombre éclat.

On passera donc volontiers, si ce n’est déjà fait, à l’écoute du Volume 1 de la dite compilation. Si certains groupes de la seconde y figurent déjà, d’autres apparaissent et l’éventail déployé, impressionnant, constitue d’une part une excellente initiative et d’autre part, valide la pertinence des sorties Young and Cold. Le tout de façon vraie et ouverte, conformément à l’esprit passionné du label.

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Bandcamp Young and Cold Records