The Hyènes “Ca s’arrête jamais” (EP, 11 octobre 2019-Upton Park)

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The Hyènes? Ca s’arrête jamais, Biggy! Ou plutôt, ça fait 15 ans qu’ça s’arrête pas et le groupe mené par la paire Barthe/Bosler s’est vite rendu crédible, concerts de taille et projets originaux aidant. Avec Ca s’arrête jamais, le quatuor nous sert un EP, quelques mois avant un nouvel album. Avec ses cinq titres plutôt rutilants, celui-ci réussit dans son entreprise; rendre l’attente supportable quand bien même, par sa qualité, il l’aiguise.

On renoue en effet avec une formation en pleine forme, qui joue habilement avec les mots, et use d’un rock leste et brut, sur Plus dark que Vador. Le refrain sera repris, il suscite l’adhésion. Au groupe, à ses mots, à ce qu’il joue. Sous des aspects pessimistes, ou dérisoires, The Hyènes, en sortant les crocs, dit des choses qui se tiennent. Son rock est entier, sans concession. S’il avait fait beau use lui aussi de mots adroits et abrupts, souffle un rock à nouveau impactant. Ca s’arrête jamais: l’intitulé de l’EP semble s’adresser à la machine sociétale, infernale, qui brise l’unité et sert l’individualisme. Tendu, le disque s’accompagnera sans nul doute de dates du même acabit.

Pour l’instant, Ca s’arrête jamais. C’est le 3ème titre, peut-être plus intense, encore, que les 2 précédents. The Hyènes a l’art de ficeler des mini-hymnes, qu’on imagine aisément braillé par la foule sur ses lives. Celui-ci, sémillant, en fait partie.

Entre penchants farouches et éloquence du verbe, le groupe est bien installé. Après la part vouée aux compositions, on retrouve d’ailleurs ces tendances sur les 2 reprises proposées. Le débridé avec le Neat neat neat des Damned, joué avec intensité. Rock et offensif, il illustre bien le parti pris belliqueux du groupe, en plus d’être de choix. On est preneur, la chanson en question amenant en outre un surplus de jus rock. Damned, me surprends-je à dire, ça fait du bien tout ça!

Plus loin et en fin d’EP, c’est Murat qui est honoré. Suicidez-vous le peuple est mort, “covered” avec goût, où la poésie tourmentée de l’Auvergnat reflète celle, également louable et lucide, émanant de The Hyènes. Ces dernières ont mordu, non sans panache, et nous laissent en guise de trompe l’attente un EP dont la sûreté nous donne toutes les raisons de penser que l’opus qui s’ensuivra contentera ceux qui, nombreux, l’attendent fébrilement.

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