Initiateur de soirées rock de qualité, implantée dans un territoire Axonais qu’il n’a de cesse de dynamiser, le Bang Bang de Raphaël Louviau prenait place, ce samedi, à la Manufacture de Saint Quentin où là aussi, la culture sonique est largement honorée. Il y conviait 2 formations américaines; Sad Girl et sa pop sucrée, magnifique, et The Darts, donzelles au registre remonté entre garage, psych-rock et giclées de Farfisa.

Il fallait donc, dès lors que l’on est de cette caste rock sans fausseté, y être et à mon arrivée, je constatais d’ailleurs la présence d’un parterre d’aficionados du genre; Olivier “ex-Discophile“, “Béné” qui fit partie de ma classe…au lycée, Denis avec qui j’eus l’occasion d’assister à 1 ou 2 concerts dans les 90’s, Raphaël qui nous passe, en avant-live, des disques de choix, ou encore Phil Chérencé, directeur artistique de l’ASCA de Beauvais. Et bien entendu Cédric Barré, l’un des tenanciers des lieux, qui fut le premier à m’introniser en terres Manufacturiennes.

Le temps d’un peu de son sur sillon, donc,et la fête peut débuter. Elle se fera sous bonne assistance, quand bien même la salle, ce soir, n’est pas pleine, et va nous permettre de découvrir la pop feutrée de Sag Girl, troussée avec délicatesse mais qui ne manquera pas, à l’occasion, de déraper vers des contrées moins feutrées. Souvent en douceur donc -ça fait le plus grand bien parfois-, tantôt de manière plus encanaillée mais dans la qualité récurrente, c’est une belle amorce que livre Sad Girl, distingué aussi sur le plan vocal. Base pop, incartades surf et ouvertures tempétueuses créditent les protégés, gage de valeur supplémentaire, de la maison Suicide Squeeze Records. Effluves rétro et doux parfum jazzy colorent par ailleurs la prestation du groupe, à laquelle le seul reproche qui puisse être fait concerne le côté trop cotonneux de ses compositions. Mais la valeur de celles-ci, incontestable, et ses penchants nacrés effacent cela et valident le choix de l’équipe Bang Bang dont c’est pour le coup la Soirée #4, après d’autres tout aussi louables dont l’une des premières, si je ne m’abuse, se tint dans l’ancienne Manufacture de la ville, avec entre autres les Dum Dum Boys au menu. C’est dire la fiabilité des affiches proposées.

Le temps d’une pause, courte, d’un coup d’oeil au merch (ou de jolis “sous-vinyls” à l’effigie des filles de Los Angeles sont vendus), et les Darts balancent sans prévenir une série de brulôts farfisés à l’énergie punk, aussi massifs qu’en d’autres temps plus galopants. Poses expressives, jeu intense et sans chichis, accoutrement singulier et show marquant, en dépit d’une légère mais négligeable linéarité, mettent à contribution un public au sein duquel quelques fans iront jusqu’à slammer ou se déhancher à qui mieux-mieux. Le set est énergisant, il en émane une senteur un brin riot girl et ça pulse dans tous les sens. Les Dames disposent d’un répertoire généreux, sur lequel elles s’appuient pour imposer un live crédible et puissant. En Batwomen adeptes de la scène, The Darts instaurent une pagaille maîtrisée que l’orgue contribue à renforcer, et à étayer, en le singularisant. Ca envoie, ma bonne dame. Ca valait le coup, sans nul doute, de traverser la campagne samarienne jusqu’aux portes de la “Manu”.

Incendiaire, le live des Darts anime une foule trop clairsemée, conclut un soir de foire qu’on aurait eu tort de rater -si les absents n’ont à mon sens pas toujours tort, ce fut en l’occurrence le cas-, satisfaisant au passage ses visiteurs du jour et la team Bang Bang. Laquelle nous annonce d’ores et déjà, dans ce même endroit recommandable en diable, un Winter Club spécial noël, le 12 décembre prochain, avec The Tiki Sisters et l’excellentissime Nico Duportal accompagné de ses Sparks. On en sera, convaincus s’il fallait encore l’être par la bonne tenue de ce samedi probant.

Photos William Dumont.

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