Moon Duo “Stars are the light” (27 septembre 2019, Sacred Bones/Differ Ant).

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Duo Lunaire, faut-il le rappeler, constitué de Eric “Ripley” Johnson (Wooden Shjips) et Sanae Yamada, Moon Duo sort avec ce Stars are the light son 7ème album. A nouveau dans l’exploration sonore, il y dévoile une palette de sonorités psyché attrayantes, sur fond pop ou plus “hasardeux” dans le cheminement (Fall(in your love)). En paire désormais rompue à ces joutes, rodée et cohérente, il groove sombre d’emblée, et dépayse, avec Flying. Bien nommé, le morceau d’ouverture permet l’envol, mental et sonique. Sucré pour le coup, Moon Duo impose un exotisme psyché délicieux. On parle ici d’abstrait, de métaphysique et de retour à la terre et le rendu colle parfaitement, par ses penchants “voyageurs”, aux notions développées. L’éponyme Stars are the light déploie lui aussi une psych-pop chatoyante, au chant de sirène, enlevée et un brin dreamy.

Quelques sons acidulés parsèment l’essai, on relèvera d’ailleurs les nombreux motifs plaisants dégotés par ces deux-là. The world and the sun, barré dans le cosmos, en faisant usage avec à propos. Cosmique dans les sons comme dans les voix, Moon Duo fait décoller son auditoire.

Il y a là, de plus, des atours dansants, une pluie de sons célestes et récurrents, qui accroissent l’effet produit par l’album. Lost heads illustre bien cela, en se parant d’atours rock bienvenus sur une longueur plus conséquente. Le groupe de Portland est à son avantage dans ce créneau, qu’il maîtrise à merveille. Eternal shore, aussi planant que rude de par ses sons soudains et fulgurants, couplés à l’apparente quiétude du titre, génère des sensations une fois de plus fortes. Sainement psychotrope, Stars are the light nous balade entre les étoiles, nous plonge dans une sieste sonique simultanément agitée et apaisante.

L’épopée ne durant “que” 8 titres, elle touche alors presque à sa fin. Eye 2 eye lâche à ce moment ses riffs rudes, il galope rythmiquement et montre les crocs, rock sans pour autant se départir de son psychédélisme. Simplement, celui-ci est en l’occurrence plus tranchant et alerte. C’est une fois de plus un régal, Moon Duo signant de toute façon un sans faute sur son nouvel effort. Que Fever night, brumeux et lancinant, termine en s’envolant doucement, porté par des vagues, soyeuses, de sons bien trouvés qu”épaulent des voix ouatées. Réussite totale, à n’en pas douter, pour la folle équipée.

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