Bror Gunnar Jansson “They found my body in a bag” (Les Editions Miliani, 20 septembre 2019).

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Prisé pour ses sorties précédentes, dont l’enchaînement And The Great Unknown, Part I/And The Great Unknown, Part II (2017), le one man band suédois Bror Gunnar Jansson, “homme à tout faire”, sort son nouvel opus, intitulé They found my body in a bag. On y trouve, sans surprise mais avec le plus vif plaisir, un blues parcourant un spectre large, entre quiétude à l’ancienne et traits clairement plus rock (l’agité et excellent Stalker).

Si l’élégant débute en mode roots authentiquissime (Machine), suintant une vérité déconcertante, il passe sans atermoiements à un second essai plus rêche; l’éponyme ou presque Body in a bag sonne lui aussi “rétro”, mais se pare d’une carapace plus écorchée. La voix du ressortissant de Göteborg donne comme à l’habitude du cachet à son disque, déjà typé. La trilogie d’ouverture est de choix, équilibrée entre force de frappe et contours plus retenus.

Stay out all night long, galopant, joue ensuite un rock’n’roll brûlant, teinté de blues évidemment. Instrumentalement et comme attendu, il assure tout et fait preuve de dextérité. Il s’embarque, pour le coup, dans des dérapages où on lui emboîte le pas sans hésiter. Det stora oväsendet, long format à mi-chemin du leste et de l’aérien, se présente après cela en instrumental aux effets psyché certains. Il monte en puissance pour, dans la foulée, retomber dans une ambiance sereine un brin obscure. Trains and nights survient alors, finaud, et met le chant en valeur. Un bel ornement l’accompagne. On est ici dans une subtilité qui m’évoque Jeff Buckley, tiens…

De ce titre gracieux, on passe à There’s a killer on the loose. Un morceau rapide, urgent et griffu qui outre le fait d’exceller, contribue à élargir le champ d’action du Scandinave. Celui-ci refuse de se restreindre, ses trames sont logiquement à dominante blues mais sans carcan. En touche à tout doué, Bror Gunnar Jansson assure le “bazar” dans l’autonomie la plus affirmée qui soit. Will you help me when I’m old, d’une classe blues-rock folle, aux élans garage profitables, lui assure une fin d’album flamboyante. On n’en sera aucunement surpris mais ça nous poussera à l’écoute, souvent et à volume de préférence élevé.

Enfin, c’est un second format étiré, Driving through norrland, listening to earth, qui expire un blues psyché finement tissé, doté de secousses le sortant de sa douce torpeur, qui termine le travail. Celui-ci est fiable, solide et vrai, à l’image d’une discographie alimentée depuis, déjà, une bonne dizaine d’années.

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